C'est un véritable séisme dans le petit monde des démographes.

 Avec près d'1,4 milliard d'habitants, la Chine est le pays le plus peuplé au monde
Avec près d'1,4 milliard d'habitants, la Chine est le pays le plus peuplé au monde © AFP / SU YANG / IMAGINECHINA

Imaginez, avec près d'1,4 milliard d'habitants, la Chine est le pays le plus peuplé au monde et ce depuis l'antiquité ! Alors, on savait bien qu'un jour ou l'autre, l'Inde et ses 1,3 milliards d'Indiens finirait par la rattraper. Mais, un jour ou l'autre pas ce matin du 25 mai 2017 !

Or il se trouve qu'un démographe vient de publier des travaux qui non seulement expliquent qu'avec 1 milliard 290 millions d'habitants, la Chine n'est plus le pays le plus peuplé au monde, mais que ça fait déjà plusieurs années que c'est le cas.

Ce démographe, il est très sérieux, très connu et surtout, très Chinois. Il s'appelle Yi Fuxiang et pour plus de crédibilité encore, il n'est pas basé en Chine, où la pression serait trop forte, mais dans le Wisconsin, aux Etats-Unis.

Reste que le problème est entier : entre l'estimation chinoise – 1 milliard 380 millions – et la sienne, il manque 90 millions de Chinois ? Comment est-il possible de se tromper d'une population égale à celle de l'Allemagne et de la Belgique réunies ?

Eh bien, c'est simple : selon Mr Yi, les Chinois mentent sur leurs statistiques. Or ça, tous ceux qui travaillent sur la Chine savent que c'est vrai. En Chine, les nombres ont une valeur quasi magique et surtout, ils sont un élément clé de propagande. Les fonctionnaires sont donc habitués à « arranger » la réalité, et ce depuis toujours, et à tous les niveaux de l'administration, histoire de ne pas être le porteur de mauvaise nouvelle. L'exemple classique, c'est le chiffre de la croissance Chinois.

Depuis des années, la croissance est bloquée à 7%. Je rappelle que 7% de croissance, c'est le chiffre en dessous duquel il est dangereux pour la Chine de tomber, sous peine de ne plus parvenir à alimenter sainement la machine économique. Donc, c'est 7% depuis presque 10 ans ! Et lorsque la Chine veut communiquer au monde qu'elle va moins bien, elle publie un chiffre de croissance de 6,8% ! Pareil pour la population.

Résultat : personne ne croit plus les Chinois ! Pour avoir une idée des chiffres réels, les économistes du monde entier passent par d'autres agrégats : les importations d'acier par exemple qui sont fiables puisque ce ne sont pas les Chinois qui les publient. Et pour la population, notre démographe s'est d'abord méfié du chiffre officiel de fécondité, 1,69 enfants par femme en âge de procréer. Il s'est dit qu'après 30 ans de politique de l'enfant unique, ce chiffre était plutôt de 1,05 enfant par femme.

D'où les 90 millions de Chinois manquants ! Or, ça n'a l'air de rien mais en fait, ça relève de l'orgueil national : la Chine n'est pas encore la première économie au monde – ça c'est pour 2025/2030 – mais était tout de même première en population. Eh bien c'est fini !

  • Une revue de presse dédiée à un seul article sur Emmanuel Macron, publié dans le New York Times

Ça y est : enfin un premier papier critique sur notre président ! Depuis quinze jours, la presse mondiale a les yeux de Chimène pour lui : un président jeune, dynamique, il a débarrassé l'Europe du danger populiste façon Le Pen. Impossible de trouver une critique. Eh bien, c'est fait avec cette article intitulé : « le plan désastreux de Macron pour l'Eurozone ».

Arrêtez moi si je me trompe, mais lorsqu'en 1989, l'Allemagne a fait face à l'un des plus grands défis de son histoire, sa réunification, aucun pays européens n'a ouvert son portefeuille. Il est donc un peu fort de café d'entendre les politiques français de droite comme de gauche, y compris M. Macron, se plaindre que la réussite actuelle de l'Allemagne se ferait au dépend de son voisin français. Ce serait comique si ce n'était dangereux.

En fait, pour le New York Times, cette injonction française vis-à-vis de l’Allemagne est contre productive et surtout, n'a aucune chance de convaincre les Allemands et le reste des Européens du Nord.

Et le New York Times termine par ce petit conseil : « Ce président si jeune devrait avant tout dépenser son énergie à convaincre les Français de la nécessité de se réformer » en ayant en tête cet adage adapté : « Ne vous demandez pas ce que l’Allemagne peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour la France ». Et toc !

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