Isolés du reste du monde, les 4 000 scientifiques qui séjournent en Antarctique ont échappé au coronavirus. Ils ont en plus des leçons de confinement à donner au monde.

Base argentine en Antarctique
Base argentine en Antarctique © Getty / PASIEKA

Allons en Antarctique ce matin ! Parce que c'est aujourd'hui le seul et unique continent qui est épargné par le coronavirus ! Et il n'y a pas que des phoques et des manchots ! Environ 4 000 personnes y vivent et 28 pays y ont des stations scientifiques.

La plus grande d'entre elle est américaine, la station McMurdo, avec un bon millier de résidents. Pour y aller, il faut y être invité dans le cadre des nombreux programmes de recherche. Mais pour le moment, « so far, so good » : pas de cas de covid19 détecté.

Les scientifiques séjournent majoritairement en Antarctique de novembre à février, pendant l'été austral. Seul un tout petit nombre reste l'année entière. Donc, la plupart sont arrivés à l'automne dernier, avant le début de l'épidémie et repartent en ce moment-même..

Sur place, ils ont Internet et ont donc suivi la progression de l'épidémie Ils en plaisantent même : sur les réseaux sociaux, un résident de la station américaine McMurdo s'est vanté d'avoir organisé le 17 mars, la plus grande fête de la planète pour la Saint Patrick.

Comme les rassemblements sont partout annulés, il n'a pas eu de mal à battre le record : une vingtaine de collègues habillés en vert et le tour était joué. Un autre a posé devant des cartons remplis de rouleaux de papier toilettes et ce post : tout va bien pour nous !

Le danger n'est pas totalement écarté

C'est vrai ! Il y a certes des respirateurs dans les stations australienne et allemande et au moins un médecin par unité de recherche, mais si le Covid19 venait à s'infiltrer, ça pourrait vite tourner à la catastrophe, avec médecins débordés et équipes décimées.

Mais en fait, ces stations sont depuis toujours attentives aux épidémies. Une simple grippe peut paralyser des semaines de travail dans un environnement aussi surpeuplé. Donc, les gestes-barrière, ils connaissent, et le gel hydro-alcoolique est à disposition.

De plus, la vie en Antarctique est en soi une expérience de confinement. Pour tout dire, leur expérience a même été consignée dans un rapport qui a été envoyé le 16 mars à l'ensemble des gouvernements de la planète, avec des conseils de bon sens :

Par exemple, ce rapport rappelle que les stocks sont essentiels, y compris de papier toilette ! On s'est moqué des Français qui dépouillaient les supermarchés, or il y avait du bon sens dans ce réflexe un peu égoïste : les épidémies s'accompagnent souvent de diarrhées.

Mais il faut surtout raconter qu'il y a là-bas des scientifiques bouleversés par ce qu'ils voient sur les réseaux sociaux. A commencer par la 35e expédition scientifique italienne  qui a travaillé jusqu'au 20 mars dans la station franco-italienne Concordia.

Surtout, ils ne peuvent pas rentrer chez eux : ils ont pris un bateau pour la Nouvelle-Zélande qui a exceptionnellement autorisé leur séjour à Aukland. Après : plus de vols pour l'Italie, le pays est isolé, un peu comme eux-mêmes l'étaient en Antarctique.

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