L'évêché de Rochester, dans l'Etat de New York, vient de se placer sous la protection de la loi américaine sur les faillites. D'autres devraient suivre, "victime" d'une avalanche de plaintes pour abus sexuels.

Rochester : L'évêché de Rochester, dans l'Etat de New York, vient de se placer sous la protection de la loi américaine sur les faillites
Rochester : L'évêché de Rochester, dans l'Etat de New York, vient de se placer sous la protection de la loi américaine sur les faillites © Getty / Education Images

Direction New York ce matin, où un diocèse a fait faillite. Le diocèse de Rochester, un des huit diocèses catholiques de l'Etat de New York, a donc décidé de se placer – selon la formule consacrée – sous la protection de la loi américaine des faillites. C'est le premier à le faire dans cet Etat mais ce ne sera pas le dernier.

Selon tous les observateurs, le diocèse de Buffalo devrait bientôt suivre et, à terme, l'ensemble des huit diocèses devraient y passer. Vu de France, c'est assez incroyable qu'un évêché puisse ainsi être considéré comme une entreprise comme une autre.

Et donc faire l'objet de ce type de mesure qui avant tout signifie la désignation d'un liquidateur, la recension des créanciers et des avoirs du-dit diocèse de Rochester et l'ouverture d'une période d'un an pour traiter toute les demandes d'indemnisation.

Plaintes en série d'agressions sexuelles

Si le diocèse de Rochester et à terme les sept autres de l'Etat de New York ont choisi cette option – disons – désespérée, c'est parce qu'ils croulent littéralement sous les plaintes pour viols, agressions sexuelles et autre délits et crimes sexuels.

Rien que pour l'Etat de New York et depuis le 14 août dernier, 639 plaintes se sont ajoutées à celle déjà enregistrées depuis que l'Eglise catholique américaine a ouvert une sorte de bureau des réclamations, il y a 17 ans de cela.

Rien que pour le diocèse de Rochester, donc, ce sont 59 nouveaux cas qui se sont ajoutés. Or, Rochester possède grosso-modo une cinquantaine de millions de dollars en actifs – sièges social, hôpitaux, donations, biens immobiliers, actions, etc... - mais pourrait devoir payer en indemnités un demi-milliard de dollars. La faillite est logique.

Une loi new-yorkaise qui abolit la prescription

Il s'est passé l'entrée en vigueur dans l'Etat de New York d'une loi spéciale dite « loi des enfants victimes » : une loi très en avance sur et qui fait trembler l'Eglise américaine.

Parce qu'elle pourrait faire tâche d'huile : pendant un an, à compter du 12 août donc, toutes les victimes d'abus sexuels peuvent porter plainte et demander réparation sans limite de prescription. Le succès a immédiatement été au rendez-vous.

Le diocèse de Buffalo a ainsi enregistré 140 plaintes, celui d'Albany ; plus d'une trentaine ; Or, en moyenne, les plaignants se voient attribuer par les tribunaux ou les accords entre parties une moyenne de 375 000 dollars ! Faite le compte.

Des victimes flouées et traitées comme des "créanciers" ordinaires

Les victimes d'abus sexuels sont évidemment furieuses. Pour deux raisons essentielles : la première c'est que les victimes de viols ou de crimes sexuels vont désormais être traitées à égalité avec l'ensemble des autres créanciers du diocèse. Premier arrivé, premier servi !

La seconde, c'est que plus question désormais d'un procès en bonne et due forme devant une Cour pénale ou civile. C'est le juge des faillites qui va attribuer les indemnités – et uniquement cela – en fonction d'un barème comptable établi à l'avance.

J'ajouterait une dernière info : le diocèse de Rochester est loin d'être le seul évêché américain a choisir de se placer sous la protection de cette fameuse loi sur les faillites : c'est même le 20e à le faire et, vous l'avez compris, ce sera pas le dernier.

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