Les "tambai" sont ces Philippins éméchés qui peuplent les rues des quartiers populaires les soirs de fin de semaine. Le président avait marqué son déplaisir, les policiers, leur zèle. Scandale national garanti !

C'était le 13 juin dernier. Ce jour-là, le président philippin, une fois de plus inspiré par les circonstances, désignait devant les officiers de la PNP, la police nationale philippine, ses nouvelles cibles : les « tambay » qui peuplent les rues de manille.

Que veut dire « tambay » en tagalog ? On pourrait rapidement traduire « tambay » par « feignasse avinée ». Autrement dit, il s'agit de citoyens bien éméchés, souvent à moitié nu, disons plutôt le samedi soir, se servant de la rue comme d'une salle de spectacle.

Je suis sûr que vous voyez assez bien de qui je parle, on a les mêmes à la maison. Surtout en été. Sauf que le président Duterte ajoutait : « s'il ne tenait qu'à moi, je les arrêterais, je leur attacherais les mains dans le dos et les jetterais dans la rivière ».

A la chasse aux "tambai" mal embouché

Mais ce que président veut, Dieu le veut ! La dernière fois que Rodrigo Duterte avait donné des instructions aussi précises à la police philippine, s'était contre les traficants de drogues dans les rues du pays. En quelques mois, on dénombrait 9 000 morts !

Pourquoi changer des méthodes qui gagnent ? Le président n'a d'ailleurs jamais remis en cause ses pandores, bien au contraire. Il n'a cessé de traiter les défenseurs philippins et internationaux des droits de l'homme de « lopette » ou de « fils de p...es ! ».

Donc, ni une ni deux, les brigades de la PNP, devant des instructions si précises de leur chef se sont précipitées dans les rues de Manille et d'ailleurs à la chasse aux « tambai » : résultat 7 000 arrestations en 15 jours, pas mal de tabassage en règle et même un mort !

Mobilisation de la société civile

D'autant plus facilement, que les traficants de drogue avaient tout le monde contre eux, mais les « tambai », c'est vous et moi : tituber dans la rue à moitié nu en criant à tue-tête, ça arrive à tout le monde et pas plus tard qu'il y a quelques jours à Daniel Morin !

Donc la police philippine, la fameuse PNP, a dû s'expliquer pas plus tard qu'hier. D'abord, les policiers n'arrêtent pas des « tambai » mais des « contrevenants aux règles locales d'ordre public et de bienséances ».

Ensuite, les policiers ne procèdent pas à des arrestations, non, mais à des « approches », qui, lorsque le « contrevenant » résistent, se terminent par des « invitations » à rejoindre le poste de police, ce que le citiyen ainsi « invité » peut évidemment refuser.

On a donc mal compris le président Duterte

Tout simplement parce que le président philippin, a commencé lui-même à faire machine arrière. Il a expliqué qu'on ne l'avait une fois de plus, pas compris : « je n'ai jamais dit qu'il fallait arrêter les « tambai » : beugler dans la rue n'est pas un crime ».

Un peu trop tard, tout de même. C'est d'autant plus embêtant, qu'après avoir doublé leur salaire, le président Duterte sait parfaitement que les policiers philippins suivent aveuglement ses instructions.

Or, arrêter les « tambai », ça revient grosso modo à déclarer de fait la loi martiale dans tout le pays. Une dernière chose, il y a quelques jours, Duterte déclarait que Dieu était un crétin. Depuis les curés de tout le pays ne sortent plus de leurs sacrities

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