Face à l'augmentation des risques de catastrophes climatiques, les Etats-Unis essaient de se préparer en améliorant les structures de protection des villes côtières à risque. Mais toutes ne pourront pas être sauvées. Il va falloir choisir.

Houston sous l'eau en août 2017 après le passage de l'ouragan Harvey
Houston sous l'eau en août 2017 après le passage de l'ouragan Harvey © AFP / Thomas B. Shea / AFP

On le sait désormais: avec le dérèglement climatique, la fréquence et surtout l'intensité des canicules, ouragans, cyclones se multiplie. Aux Etats-Unis, la prise de conscience a commencé en 2005 avec l'Ouragan Katrina. Presque deux mille morts, des dizaines de milliers de déplacés, des destructions estimés à plus de 100 milliards d'euros. Un traumatisme. 

Pour protéger la Nouvelle Orleans de catastrophes à venir, tout le système de digues a été refait. Et cela a un coût:  12 milliards d'euros. Or d'ici quatre ans, ces digues auront coulé. Il faudra tout refaire pour limiter les dégâts occasionnés par les tempêtes à venir : car au delà du bâti détruit, les destructions concernent aussi des infrastructures lourdes et coûteuses, comme les égouts, le système d'eau potable. 

Un coût faramineux

Une ONG américaine the Center for Climate Integrity a chiffré ce que ça coûterait de protéger toutes les villes côtières à risque. Plus de de 350 milliards d'euros, en gros l’équivalent du PIB du Nigeria. Or, beaucoup de villes n’auront pas les moyens de se protéger. 

Rapporté au coût par citoyen certaines municipalités n'ont pas les moyens.  Les conséquences en terme de développement sont lourdes : les entreprises seront tentées de s'installer uniquement dans les endroits les mieux protégés, de la même façon que personne ne souhaite bâtir dans une zone inondable. Une ville protégée peut donc espérer se développer. Mais celles qui n'auront pas les moyens de le faire sont condamnées à vivoter, voire à disparaître. 

Pour ventiler le coût de ces infrastructures de protections, certaines municipalités voudraient obliger les industries polluantes à participer financièrement. Mais cela n'a guère, on s'en doute, eu de succès. Reste l'état fédéral. Mais celui-ci n'a pas les moyens de faire face à de telles sommes, alors que l'avenir s'annonce pourtant sombre en terme de risque climatique. 

Après moi le déluge

A ce prix là, il va falloir choisir et l'administration Trump, qui étudie la question, réfléchit à établir les critères à remplir pour accorder des subventions. Dans cette liste, on évalue le prix du mètre carré, la valeur historique de la ville, sa contribution à l’économie nationale.

Les villes côtières à risque pourraient également gagner des points en adoptant des politiques vertueuses, ou en modifiant leur plan d’occupation des sols, en procédant au relogement des habitants des quartiers concernés ou si elles accueillent des réfugiés climatiques venus d’autres états. Bref, une sorte de liste de bons points pour mériter d’être sauvé ou pas des eaux.  

Reste que pour postuler sur cette liste, il faudrait être avant-tout convaincu qu’il y vraiment un problème, et que le dérèglement climatique  n’est pas qu’une fake news, comme le clame un certain Donald Trump dont la devise, pour le climat, comme pour le reste, ressemble plutôt à "après moi… le déluge".

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