Une exposition Van Gogh à Londres a permis la restauration d'une célèbre aquarelle : L'Oise à Auvers. Surprise ! Le ciel brun de cette merveille était en fait rose bonbon à l'origine. Récit.

Ce matin, on part à Londres et pas pour nous parler Brexit ! Alors qu'il reste à peine quelques jours pour trouver une solution entre l'Union européenne et la Grande-Bretagne ; alors que la presse, les Britanniques et Bruxelles sont obsédés par l'échéance du 12 avril, j'ai décidé de vous parler peinture.

Il faut dire qu'à compter de demain, 27 mars, et jusqu'au 11 août, la Tate gallery, pour la première fois depuis 1947, va exposer Van Gogh. Une exposition exceptionnelle d'une cinquantaine de toile dont une petite merveille appelée L'Oise à Auvers.

Une simple aquarelle peinte 2 mois à peine avant le suicide de Vincent Van Gogh à 37 ans. Une petite merveille que les Britanniques connaissent bien et que pour l'occasion, les conservateurs de l'exposition ont décidé de rencadrer.

La restauration et le ciel rose du peintre

Exactement : jusqu'à présent, le ciel de cette composition était connu pour être d'un brun clair assez proche de la teinte d'un café renversé. Or, en ôtant le cadre et la marquise, ils ont mis à jour la couleur originelle de ce ciel auversois :

Un rose vif absolument bouleversant et qui, en plus correspond à la description du peintre qui non seulement était prolifique en toile et œuvres de toutes techniques – plus d'un millier en 10 années d'activité – mais qui, en plus, écrivait beaucoup.

Or dans une de ses lettres à Théo, son frère, il écrivait : « j'ai vu le ciel entier coloré d'un rose et d'un orange éclatant ». Evidemment, cette découverte change tout : de passablement déprimant, l'aquarelle devient vibrante de bonheur coloré.

Les "pigments fugitifs" des impressionnistes

C'est la grande question, à laquelle on sait tout de même répondre. Van Gogh n'a pratiquement vendu aucune de ses toiles. Il peignait donc avec des pigments industriels peu chers et d'assez mauvaise qualité. Des pigments qui avec le passé ont passé.

Notamment trois pigments qui faisaient le fond de sa palette : le jaune de chrome, le rouge laqué et le brun. Il en était conscient d'ailleurs : 'il en parlait dans ses lettres et essayait de contrecarrer cette affadissement par la quantité de peinture appliquée.

Prennez par exemple une de ses séries les plus célèbres : les tournesols. Eh bien aujourd'hui ces tournesols, à l'origine jaunes éclatants, sont en train de petit à petit se ternir au point de perdre toute leur lumière. Et impossible de les restaurer.

Des peintres, victimes de la modernité 

Non, c'est un des principes de la restauration moderne : pas touche à la couche picturale apposée par le maître. D'ailleurs Van Gogh écrivait lui-même que « les tableaux fanaient comme les fleurs ». Et pour tout dire, ce n'est pax le seul peintre concerné :

Des tableaux de Monet, Manet, Gauguin sont aussi en train de pâlir. Les spécialistes appellent ce phénomène « les pigments fugitifs » de l'impressionnisme. On peut juste évoquer les couleurs originelles en proposant une copie ou un double digital à côté.

L'autre raison de cette catastrophe artistique est que les peintres du 19e et 20e siècle ont essuyé les plâtres de l'innovation : les tubes de peinture qui, à compter des années 1840, les ont sorti de leurs ateliers pour peindre la nature, étaient très instables.

Mais que cela ne vous empêche pas d'aller à Londres pour cette merveilleuse exposition Van Gogh de la Tate Gallery qui donc commence demain et devrait illuminer un weekend à Londres des ciels décidément rose bonbon du peintre de l'éclat !

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