Des chansons, de la solidarité et pas mal d'humour, les Espagnols savent résister ensemble, comme le titre la chanson qui est devenue l'hymne de cette épidémie : "Resistiré"

Un ambulancier portant un costume avec un masque facial et des lunettes de protection contre le coronavirus COVID-19 pose pour une photo à l'extérieur de l'hôpital Alvaro Cunqueiro à Vigo, dans le nord-ouest de l'Espagne, le 25 mars 2020.
Un ambulancier portant un costume avec un masque facial et des lunettes de protection contre le coronavirus COVID-19 pose pour une photo à l'extérieur de l'hôpital Alvaro Cunqueiro à Vigo, dans le nord-ouest de l'Espagne, le 25 mars 2020. © AFP / Miguel Riopa

Retour en Espagne ce matin, un pays traumatisé par la pandémie et plutôt que d'égrener les chiffres macabres, je voulais vous raconter une belle histoire. Ça se passe en Galice, à Vigo, dans le nord-ouest de l'Espagne.

Comme partout en Europe, tous les jours les habitants de Vigo se mettent à leur fenêtre pour applaudir les soignants à 20h. C'est même l'Espagne qui a montré l'exemple, dès le 13 mars.

Il se trouve qu'à Vigo, une aide soignante de l'équivalent d'un EHPAD a convaincu un de ses vieux patients Alzheimer que ces applaudissements étaient pour lui. Donc, tous les jours, ce vieux monsieur se met au balcon pour jouer de l'harmonica à ses fans imaginaires....

Mais ce n'est pas tout ! L'aide-soignante a mis en ligne la vidéo, elle est devenue virale : et la fiction est devenue réalité : aujourd'hui, les voisins sortent à leur balcons à 20h tous les jours pour l'applaudir LUI, le vieux monsieur à l'harmonica et en criant son nom. C'est ça l'Espagne solidaire et fraternelle que je connais.

Mais au delà de l'émotion, comment l'Espagne en est arrivée là ?

Comment l'Espagne en est arrivée à avoir près de trois fois plus de victimes du Covid19 qu'en France, alors que nous avons presque 20 millions d'habitants de plus ?

Première raison : le gouvernement n'a été mis en place que début janvier. En clair, les nouveaux ministres ont eu à peine et demi pour se faire la main avant d'affronter cette crise sanitaire gravissime.

La cure d'austérité des années 2010 ont fragilisé le système de santé

Les décisions de confinement n'ont pas vraiment tardé : elles ont été prises en même temps que la France. Sauf que Madrid, avant le confinement, a commis des erreurs graves. Comme par exemple : autoriser des manifestations massives pour la Journée des droits des femmes, le 8 mars :

Rien que dans la capitale, 120 000 personnes agglutinées en plein centre-ville ! Eh puis, l'Espagne a subi une cure d'austérité dont on a du mal à imaginer l'ampleur en France. Nous Français, consacrons 9% de notre richesse nationale à la santé ; l'Espagne, c'est trois points de moins et en constante baisse depuis la crise de 2008. Or la région de Madrid, où se concentre la moitié des décès, a été particulièrement touchée par ces coupes claires.

Les Espagnols sont d'autant plus amers qu'ils voient leur petit voisin portugais s'en tirer infiniment mieux : 30 morts seulement, la disproportion est énorme !

Mais bon, les Espagnols en ont vu d'autres ! D'ailleurs la chanson de cette épidémie qu'ils chantent de Madrid à Séville, de Vigo à Valence, dans les casernes, les hôpitaux, à leurs fenêtres, est un vieux tube des années 80 qui s'appelle Resistiré, « Je Résisterai ». Le refrain dit, entre autre : « Je résisterai pour continuer à vivre »...

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