Au Kenya a lieu une révolte des coureurs de fond

On le sait, les coureurs de fond, de demi-fond, de marathon sont une sorte de trésor national au Kenya, comme en Éthiopie voisine. Pas plus tard qu'il y a quelques jours, deux Kényans ont remporté le Marathon de New York.

le kényan mutai remporte à nouveau le marathon de new york
le kényan mutai remporte à nouveau le marathon de new york © reuters

Or, rien ne va plus entre les coureurs kényans et leur fédération. Pour une raison bien simple : les officiels kényans ont trop « mangé ». Je vous rassure : « manger » en swahili, ça veut aussi dire « être corrompu ». On le comprend tout de suite, d'ailleurs.

Que s'est-il passé ? Il y a quelques mois, un grand groupe de chaussures de sport a signé avec la fédération kényane un contrat de plusieurs millions de dollars. Or, en vérifiant la destination de cet argent, les coureurs se sont rendus compte qu'il manquait 700 000 dollars.

La presse s'est mise sur l'affaire et accuse aujourd'hui le vice-président de la fédération, David Okeyo, d'avoir volé l'argent à son profit. Du coup, les plus célèbres coureurs au monde se sont mis en grève : il faut imaginer des champions olympiques et mondiaux bloquant les accès de la Fédération en plein Nairobi, la capitale, avec évidemment les dizaines de journalistes qui les interviewent. Et ce, nuit et jour, depuis lundi.

Ces champions sont-il des privilégiés ? Oui et non : bien sûr qu'en courant et en remportant des courses, ils gagnent infiniment plus que le commun des Kényans. Mais les centaines, voire les milliers de jeunes coureurs qui rêvent d'en arriver là, doivent, eux, payer leurs équipement et courent, à leurs frais.

Même les plus « riches » vivent uniquement de leurs primes, sans aide particulière de la Fédération qui fournit à peine quelques entraîneurs. C'était d'ailleurs pour mieux prendre en charge les coureurs que ce contrat multi-millionnaire avait été signé.

L'entreprise américaine a commencé à donner des signes d'agacement. Elle ne veux surtout pas être associée à ce type de comportement : la corruption pure et simple de ses partenaires, c'est mauvais pour les affaires.

En fait, ce scandale de corruption n'est que la dernière en date.

Depuis plusieurs mois, le pays connaît révélation sur révélation, toutes impliquant de hauts fonctionnaires. La dernière en date concerne les militaires kényans. On les a pris la main dans le sac en train de trafiquer avec les milices islamiques des Shebabs.

Comme cela vu d'ici cela n'a l'air de rien, encore que les militaires s'adonnant à des trafics en tous genre, c'est tout de même étonnant. Sauf que, vu du Kenya, c'est une honte nationale : les militaires kényans sont en effet sensés se battre contre les Shebbabs !

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