Jair Bolsonaro vient de nommer son futur ministre de l'éducation. Le nouveau président d'extrême droite se lance dans sa première croisade : une réforme de l'éducation qui passe par la surveillance des professeurs et l'arrêt de toute forme d'éducation sur le genre.

Jair Bolsonaro a calqué son programme de réforme de l'éducation sur celui du mouvement ultra conservateur de l'« Ecole sans parti »
Jair Bolsonaro a calqué son programme de réforme de l'éducation sur celui du mouvement ultra conservateur de l'« Ecole sans parti » © AFP / Sergio LIMA

Sous le regard attentif d'un front qui compte désormais au Brésil, celui des évangéliques. 200 parlementaires qui ont accepté que Ricardo Velez Rodriguez soit désigné car il est compatible avec leur projet pour l'éducation brésilienne. 

D'après eux et d'après Bolsonaro, la gauche brésilienne a échafaudé un système d’endoctrinement scolaire. Les professeurs brésiliens seraient guidés depuis de nombreuses années par l'idéologie d'une "gauche délirante" et il "serait urgent de les remettre dans le droit chemin".

Le nouveau président d'extrême droite a donc calqué son programme de réforme de l'éducation sur celui du mouvement ultra conservateur de l'« Ecole sans parti » défenseur des valeurs de la famille et totalement hostile à l'éducation sur le genre.

"Le zizi sexuel" comme preuve de l'endoctrinement des profs brésiliens ?  

Bolsonaro a brandi « Le guide du zizi sexuel » de Titeuf pour développer sa théorie. Pendant toute la campagne présidentielle il s’est baladé avec la BD de Pef et d’Hélène Bruller dans la poche en accusant le gouvernement de Dilma Rousseff d'organiser des « séminaires LGBT infantiles » et de vouloir distribuer ce livre dans toutes les écoles du Brésil.

C'est ce qu'il a appelé le "kit gay" destiné selon lui à inciter les enfants à devenir homosexuels (il aurait même glissé en coulisse d'une émission télé que la distribution de ce livre était une porte ouverte à la pédophilie)

D'une part, il n'y a jamais eu de séminaire LGBT infantile mais une conférence organisée au Congrès en 2012. Conférence intitulée « Le respect s'apprend dès l'enfance » dont le but était de lutter contre l'homophobie à l'école.

D'autre part la BD de Pef était destinée aux bibliothèques publiques mais il n'a jamais été question de l'intégrer aux programmes scolaires.  

Bref on a ici le parfait exemple des "fake news" diffusées par Jair Bolsonaro pour imposer sa politique d'extrême droite.

Sa politique dans les salles de classe ? 

On rappelle que cet ancien capitaine de l'armée fervent catholique fraîchement converti à l'évangélisme a été élu pour ses prises de positions radicales, racistes, homophobes, misogynes et sa nostalgie de la dictature.

D'ailleurs pour Bolsonaro, il n'y a pas eu de coup d'état en 1964. C'était une « révolution démocratique ».

L'un de ses conseillers pour l'éducation projette même de réécrire les manuels d'histoire pour faire disparaître le terme de « coup d'état ». Faire disparaître aussi la pédagogie de Paulo Freire dont les méthodes d'alphabétisation en milieu défavorisés ont été reconnues dans le monde entier.

Placer les profs sous surveillance

Un projet de loi est en cours pour priver les enseignants de leur autorité en leur imposant la "neutralité" et en leur interdisant de contredire les familles des élèves dans leur éducation morale, sexuelle et religieuse. Bolsonaro souhaite même aller plus loin. Il veut permettre aux élèves de filmer ou d'enregistrer leur professeurs pour dénoncer un quelconque manquement aux nouvelles règles imposées au enseignants. Favoriser la délation d'un enseignement prétendument politisé pour imposer sa propre idéologie. 

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