La presse argentine s'est surpassée pour la mort du "plus grand footballeur du monde". Revue de presse :

Página 12 : « Maradona n’est pas entré dans l’histoire, il est l’Histoire » et cet édito : « tous les Argentins sont Diego Maradona ». Clarín : « Maradona est mort et le monde le pleure » et cet édito : « Maradona immortel ». La Nación, avec cet édito sous forme de titre de Telenovela : « les larmes ne se salissent jamais ». La Prensa qui donne la parole à l’autre astre du foot argentin Messi : « Il nous laisse mais ne part pas, parce que Diego est éternel » et cet édito : « quelle tristesse, nous qui pensions qu’il savait dribler la mort » La Voz : « Maradona pour toujours » et cet édito : « Maradona, footballer des footballeurs et cependant, plus grand que le foot ». Et enfin, Los Andes : « le cœur du foot a cessé de battre : Diego Maradona est mort et le monde lui rend hommage ».

L'emphase et la tristesse en une

Et tellement argentin, sans oublier l’emphase ! Un exemple ? Dans La Voz : « Bien avant que la nouvelle de sa mort n’étreigne le cœur du peuple argentin, Diego Armando Maradona avait réussi de son vivant ce que Carlos Gardel, Eva Perón et Ernesto « Che » Guevara n’étaient parvenu à accomplir qu’en mourant : devenir un mythe ».

Encore un exemple ? La Prensa écrit : « Comment imaginer que cet homme au numéro 10 collé sur le dos et au corps habillé de céleste et blanc pour les siècles des siècles, ne serait pas capable de vivre pour toujours, lui qui tant de fois a driblé la mort ».

Mazart, Bach et Maradona

Dans le genre litéraro-mystique ? Pas de problème : il suffit d’ouvrir le quotidien Clarín qui se surpasse ! « Maradona fut une des grandes idoles de l’Argentine. Ce qui implique une variante imparable de la tragédie : mourir jeune. Maradona n’avait certes pas en mourant les 33 ans d’Eva Perón, ou les 45 ans de Carlos Gardel, mais il partageait avec eux le bûcher, l’immolation, le sacrifice de lui-même ! A Mozart ou à Bach, Dieu a dit en les envoyant sur terre : « faites de la musique ». A Maradona, il a dit : « sois footballeur ». Et comme Dieu est rond et farceur, il a ajouté « et joue avec le ballon ». C’est ce que Diego a fait et avec son pied gauche encore !

Voire dans le style christico-impérial ? La Nación : « Maradona a tout eu, tout de suite, dès l’âge de 16 ans : des qualités superlatives, la renommée, son transfert de Argentinos Juniors à Boca, l’équipe nationale, les succès, les contrats multimillionnaires, la gloire des titres mondiaux, le plus beau goal de l’histoire, l’épopée napolitaine, la paternité, un mariage que le monde a suivi, des légions de femmes pendues à ses semelles, la drogue, l’alcool, la Camorra napolitaine, ses morts et ses résurrections ».

En résumé » : une couronne de lauriers et d’épines est tombé sur la tête d’un gamin du quartier pauvre et populaire de Villa Fiorito qui, un jour courrait dans la boue et à qui le lendemain le monde entier a ouvert les portes pour ne jamais les refermer ».

Je pourrais continuer des heures, vous expliquer que son corps sera exposé à la Casa Rosada, la Maison-Rose, l’équivalent argentin de la Maison-Blanche ou de L’Élysée. Qu’on attend un million de personnes à ses funérailles. J’ai choisi une des nombreuses chansons populaires qui, en Argentine, lui sont dédiées

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