Il restait 27 rues madrilènes à connotation franquiste et il aura fallu un an et demi à l'actuelle maire de Madrid, Manuela Carmena, pour les changer.

Statue de Franco
Statue de Franco © Getty / Eric Vandeville

Un an pour les repérer, trouver de nouveaux noms et surtout, passer à l'acte : enlever les plaques. Et ce n'est pas encore fait !

D'autant qu'il y a une certaine résistance des secteurs les plus conservateurs, évidemment, et aussi d'une partie des anciens combattants, les Légionnaires espagnols. Parce que l'Espagne aussi a sa Légion étrangère, fondée en 1920 par José Millán d'Astray.

Ce Millán d'Astray avait donc une rue à Madrid et dans d'autres villes espagnoles d'ailleurs parce qu'en plus d'être le fondateur de la Legión, il était un des héros du franquiste et auteur d'un slogan célèbrissime : « Vive la mort, Mort à l'intelligence ! ».

Et devinez comment elle a été renommée ? Avenue de l'intelligence, évidemment ! Pour le reste on comprend les problèmes rencontrés par la nouvelle municipalité. Par exemple, la place Arriba España, la place Vive l'Espagne, franquiste ou pas franquiste ? Franquiste ! Elle s'appellera désormais place de la Mare Verte. La place du Caudillo : franchement franquiste ! Elle s'appellera la Grand Place. Pour la rue du général Orgaz, la municipalité a eu plus de soucis. Le général en question est un franquiste notoire.

Mais il est aussi le descendant du comte d'Orgaz dont l'enterrement a été peint par le Gréco ! Comment faire ? Simple : La rue portera le nom de deux des personnages les plus célèbres de l'écrivain espagnol Benito Pérez Galdós : Fortunata et Jacinta.

Et Madrid n'est pas la seule à être confrontée au problème. Barcelone, par exemple, qui se déchire sur le sort d'une statue équestre de Franco. Faut-il ou non montrer cette statue sur la voie publique ? Soyons clair, elle serait montrée cette statue dans un centre culturel dédié à la mémoire historique : El Born.

Mais rien n'y fait : le général Franco à cheval dans la rue, même encadrée d'une statue en l'honneur de la République espagnole, c'est encore trop. Mais le cas le plus amusant, c'est peut être à Ferol qu'on le trouve. Ferol, en Galice, c'est la ville où est né Franco.

Sa maison natale a été donc transformée en musée. Or depuis quelques semaines, la mairie a constaté une augmentation impressionnante des visites, surtout des jeunes. Ils ont vite compris pourquoi : la maison natale de Franco est bourrée de Pokémons !

  • Une revue de presse chinoise...

Je vous vais apprendre comment on fait pour noyer le gros poisson quand on contrôle l'essentiel de l'information, comme c'est le cas en Chine. Le gros poisson, on le retrouve à la une du South ChinaMorning Post, un quotidien de Hong Kong, donc plus libre.

Le gros poisson, c'est l'envoi par la Chine d'une véritable armada d'avions de combat et de bombardiers dans le détroit de Miyako. Or le détroit de Miyako sépare la Chine de Taiwan et surtout de l'île japonaise d'Okinawa. Cela s'appelle un avertissement sans frais, c'est énorme et ça panique les Japonais qui veulent se réarmer. Comment d'abord gonfler le gros poisson ? Il suffit d'aller dans le Quotidien du Peuple pour avoir la réponse : on y apprend en une que le premier ministre chinois se trouve en visite à Cuba. Pour signer des tas d'accord de coopération. Mais la vraie info, c'est qu'il se rend à Cuba, 24h après le premier ministre japonais Shinzo Abe. Traduction : non seulement on vous avertit mais en plus, on vous suit à la culotte. Fini le solo du Japon riche en Asie. Maintenant, il faut dégonfler le poisson pour le reste du monde. Il suffit de lire tous nos quotidiens ce weekend : de quoi a-t-on parlé à propos de la Chine ? Des bombardiers frôlant le Japon ? Non ! De l'inauguration du plus grand radio-télescope du monde. Opération menace ET diversion parfaitement réussie !

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.