L'Indonésie aura bientôt une nouvelle capitale pour se substituer à Djakarta la surpeuplée. Il fallait choisir un lieu : c'est fait depuis hier, 26 août ! Et se sera... sur l'île de Bornéo.

L'Indonésie veut déplacer sa capitale. Le choix du lieu pour cette nouvelle cité aura attendu le 26 août  :  la nouvelle capitale sera située... sur l'île de Bornéo à 1 400 kms au nord-est de Djakarta.
L'Indonésie veut déplacer sa capitale. Le choix du lieu pour cette nouvelle cité aura attendu le 26 août : la nouvelle capitale sera située... sur l'île de Bornéo à 1 400 kms au nord-est de Djakarta. © Getty / Berndt Fischer

L'Indonésie veut déplacer sa capitale. Si l'annonce du changement de capitale date de juin dernier, le choix du lieu pour cette nouvelle cité aura attendu le 26 août et "ladies and gentlemen" ou plutôt "Tuan Tuan dan nyonya nyonya" en Indonésien – la nouvelle capitale sera située... sur l'île de Bornéo à 1 400 kms au nord-est de Djakarta. Les travaux commenceront dès l'année prochaine : 1ers habitants 2024 !

Le projet initial couvrira près de 2 000 kms2, c'est-à-dire près de 20 fois la superficie de Paris intra-muros ou, si vous voulez, une fois et demi celle de l'île de France. Il est coûtera près de 30 milliards d'euros mais le jeu en vaut la chandelle...

Djakarta coule... littéralement

De cinq centimètres par an ! Il faut dire que l'ancienne Batavia des colons néerlandais a été édifiée en grande partie en drainant des marécages et sous le niveau de la mer, un peu comme aux Pays-Bas. Sauf que sous les tropiques, la recette est moins efficace.

Djakarta a, une bonne partie de son histoire, lutté contre le paludisme, puis a explosé en terme de population. La conurbation appelée "Jabodétabek" est peuplée d'une trentaine de millions d'habitants, dans l'île la plus peuplée au monde : Java !  

C'est simple : plus de la moitié des 267 millions d'Indonésiens vivent à Java qui épuisent ses ressources en eau potable – ce qui explique d'ailleurs d'enfoncement de Djakarta. Ajoutez à cela un trafic automobile dantesque et vous avez la recette de la catastrophe.

Bornéo, peu peuplée et immense

Le choix de Bornéo s'explique d'abord pour des raisons d'aménagement de ce territoire composé de 17 000 îles. Bornéo, c'est moins de 6% de la population indonésienne pour une superficie à peu près égale à celle de la France. En clair, il y a de la place, beaucoup de place.

Ensuite, Bornéo est relativement protégée des cataclysmes. Partout ailleurs en Indonésie, on risque un tremblement de terre, un tsunami ou l'explosion d'un volcan. Pas Bornéo ! Ca rend la décision plus simple à prendre.

En plus, Bornéo est un véritable château d'eau avec, en plus, des infrastructures déjà importantes : aéroports, ports et routes. Même si les écologistes vont hurler : Bornéo c'est l'île aux Orang-Outangs et à l'impénétrable jungle qu'il faudra bien pénétrer.

Des exemples étrangers plus ou moins réussis

Le président Joko Widodo, dit Jokowi – lui qui a multiplié les constructions d'infrastructures pendant son mandat de maire de Djakarta puis de président indonésien – a évidemment cité la réussite de Brasilia, capitale construite en pleine Amazonie.

On pourrait citer Astana au Kazakhstan ou Canberra en Australie.Deux autres réussites en terme de planification et d'achèvement. Mis on pourrait aussi parler de Naypyidaw, la nouvelle capitale birmane, une sorte de caserne géante et toujours aussi dépeuplée.

Ou encore, la nouvelle capitale égyptienne qui a déjà coûté des dizaines de milliards de dollars et qui sent déjà la catastrophe urbanistique, tout cela pour s'éloigner du bouillant et populeux Caire qui se révolte bien trop souvent aux yeux des militaires.

En fait, la seule chose qui plaide vraiment pour ce déplacement de capitale, c'est qu'aménager Djakarta, y faire venir de nouvelles ressources en eau coûterait encore plus cher que de construire cette nouvelle capitale.

Autrement dit, et pour paraphraser une tirade célèbre et, elle aussi d'actualité : Djakarta outragée, Djakarta martyrisée et Djakarta abandonnée par elle-même, par son peuple et j'ajouterais... Par son gouvernement !

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