Depuis 30 ans, personne ne sait quoi faire de ce wagon spécial de 20 m de long et 3 m de large qui, à l'origine comprenait trois cabines, dont une réservée au Caudillo, un salon, une salle-de-bain, le tout décoré de meubles et de bois précieux.

Franco dans les années 1960
Franco dans les années 1960 © AFP / AFP

Cette histoire est étonnante mais surtout, elle permet de mieux comprendre l'Espagne d'aujourd'hui, ses tabous, ses contradictions. D'abord, ce wagon n'a pas été fait pour Franco mais pour pour le roi d'Espagne, Alfonse XIII, en 1929.

En clair, Franco a assumé l'héritage monarchique. Ensuite, ce n'est pas n'importe quel wagon : c'est à bord de ce wagon que Franco, le 23 octobre 1940, a rencontré Hitler qui venait de traverser la France vaincue jusqu'à Hendaye. C'est donc un wagon historique.

Une histoire que l'Espagne a envie d'oublier, ce qui explique son état déplorable

Il rouille depuis 30 ans sur un quai de gare quelque part en plein cœur de la Castille, en banlieue d'une petite ville improbable, Almazán. Juste protégé par un hangar en tôle construit à la va-vite.

Mais en fait, c'est plus compliqué que cela. En 1975, juste à la mort de Franco, ce wagon a été vendu aux enchères à un antiquaire qui en a fait un pavillon de chasse. Le problème, c'est neuf ans plus tard, en 1984, l'état espagnol l'a racheté au prix de la ferraille.

C'est cela qui est étonnant : pourquoi avoir racheté ce wagon si encombrant historiquement ? L'idée était de le verser dans les collections du musée ferroviaire madrilène. Sauf que sitôt acheté, sitôt caché : il a même servi de refuge à un SDF !

L'Espagne rachète mais n'assume pas

Et tout est un peu comme ce wagon à l'abandon en Espagne. D'un côté, il existe toujours une fondation Francisco Franco, parfaitement légale, et de l'autre il y ces statues franquistes qu'on déboulonne. Il y a le wagon qu'on rachète mais qu'on ne restaure pas.

D'un côté, il y a une loi dite de « mémoire historique » qui permet d'ouvrir les charniers de la guerre civile et de l'autre, il y a le majestueux tombeau de Franco à quelques pas de Madrid. Il va bien falloir que l'Espagne d'aujourd'hui finisse pas choisir son camp.

Une nouvelle revendication d'indépendance en Espagne 

Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ! Cette fois-ci, la Tabarne qui veut devenir indépendante de la Catalogne. Vous ne connaissez pas la Tabarne ? C'est normal,  c'est une nouvelle région formée par Tarragone et Barcelone.

Il se trouve qu'il y a continuité territoriale et surtout politique : les campagnes votent massivement indépendantistes quand Tarragone et Barcelone penchent côté unionistes. En fait, c'est évidemment une parodie de campagne indépendantiste !

La pétition a recueilli plus de 20 000 signatures. Parce qu'elle reprend les arguments indépendantistes : Barcelone et Tarragone serait saignée par la Catalogne, exactement comme les indépendantistes lorsqu'ils expliquent que la Catalogne paie pour l'Espagne.

Bref, une belle plaisanterie, très bien faite, avec un nom, la Tabarnia indépendante, qui sonne un peu peu comme taverne en espagnol et qui rappelle que, malgré tout Espagnols et Catalans ont une chose en commun : le sens de la fête et l'humour.

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