Un film qui s'appelle Raees qui est sorti le 25 janvier dernier et qui possède tout ce qui fait le succès de Bollywood : une histoire d'amour, du suspense, et des chansons.

L'acteur indien Shah Rukh Khan pose pendant un événement promotionnel pour le film bollywoodien "Raees" le 31 janvier 2017.
L'acteur indien Shah Rukh Khan pose pendant un événement promotionnel pour le film bollywoodien "Raees" le 31 janvier 2017. © AFP / NARINDER NANU

Et la chanson titre de ce film s'intitule "Laila Main Laila". Le clip a été vu 120 millions de fois sur Internet. Donc un blockbuster.

En plus, il y a un message à peine voilé : l'actrice principale du film Mahira Khan est pakistanaise alors qu'évidemment le reste de l'équipe est indienne.

Le message est donc : au delà des divisions politiques, l'art et le cinéma peuvent réunir les deux frères ennemis. D'autant que la barrière de la langue n'existe pas : l'hindi Indien et l'ourdou Pakistanais sont en fait les mêmes langues parlées.

Depuis plusieurs mois et des incidents militaro-frontaliers, le ton est monté entre les deux pays. L'Inde a d'abord expulsé tous les acteurs Pakistanais de Bollywood et en réponse, le Pakistan a banni les films indiens de ses écrans.

Ça c'était en octobre dernier. Or, il se trouve que ce boycott a été levé le 31 janvier. Pile à temps pour la sortie de Raees, justement. Le film a passé toutes les étapes civile de la censure Pakistanaise avec succès jusqu'à ce que les militaires disent non.

Ce sont donc les militaires Pakistanais qui refusent que Raees soit diffusé. Ce qui dit beaucoup d'ailleurs du pouvoir réel au Pakistan où il y des premiers ministres et des députés élus mais où la réalité du pouvoir est entre les mains des militaires.

Immédiatement des millions de copies sont apparues sur le marché noir. Mais le vrai problème, ce sont les salles de cinéma, désespérément vides depuis plusieurs mois. Plus de films de Bollywood, plus de spectateurs.

Or le Pakistan a déjà connu un boycott des films de Bollywood : de 1965 à 2007. Depuis la fin de ce boycott, plus d'une centaines de multiplexes ont été ouverts dans tout le pays avec, l'année dernière 200 films indiens diffusés. Une véritable invasion qui donc déplaît aux militaires pakistanais et à pas mal de religieux. Mais une « invasion » qui a aussi permis la renaissance du ciné Pakistanais : 23 films produits l'année dernière. En clair, il vaut mieux que ce boycott finisse vite!

Dans la revue de presse : un portrait

Le portrait paru dans le New York Times de Feyisa Lilesa, marathonien éthiopien de 27 ans, médaillé d'argent aux JO de Rio et qui aujourd'hui vit aux Etats-Unis où il a obtenu le statut de résident, la fameuse carte verte. Feyisa Lilesa est très célèbre pour avoir passé la ligne d'arrivée en croisant les bras au dessus de sa tête, dans un signe de soutien aux siens, le peuple Oromo, réprimé et discriminé dans son pays d'origine, l'Ethiopie.

C'est un portrait magnifique qui, évidemment, résonne comme un hymne à cette Amérique ouverte, généreuse et accueillante contre laquelle Donald Trump semble être parti en guerre.

Parce qu'il faut le comprendre : la presse Américaine est en guerre contre la Maison-Blanche. Pour le meilleur, comme ce portrait, et parfois aussi pour le pire comme ces dizaines de commentaires qui, ce week-end, se demandaient sérieusement si Donald Trump n'était pas tout simplement fou.

En Turquie: une info assez étonnante

Qu'on trouve dans les pages de Hürriyet: un mur de 511km de long est en train d'être bâti entre la Syrie et la Turquie. La moitié a déjà été construite et ce mur séparera les deux pays d'ici moins d'un an. Un mur de plus : décidément le monde ne va pas bien.

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