Direction Washington, où la mort d'une vieille dame de 80 ans a ému toute la presse...

Elle s'appelle Concepcion Picciotto et elle est décédée il y a 2 jours, le 25 janvier. Vous ne la connaissez pas : il faut être américain voire Washingtonien pour savoir qui était cette petite dame avec un drôle de casque sur la tête.

Le Washington Post en fait le portrait en une, ainsi que le New York Times et le New York Daily News . Je vais arrêter le suspens : Concepcion Picciotto est la militante pour la paix dans le monde la plus célèbre des Etats-Unis.

Cela faisait près de 35 ans qu'elle manifestait tous les jours devant la Maison Blanche, ce qui faisait d’elle toute seule, la manif' la plus longue de l'histoire des Etats-Unis ou si vous voulez le sit-in le plus têtu ! 35 ans pour la paix et contre le nucléaire.

réunion au sommet à la maison blanche sur la sécurité
réunion au sommet à la maison blanche sur la sécurité © reuters

Quant au casque qu'elle portait sur la tête, c'était, pour la protéger des mauvaises ondes émises depuis la Maison Blanche. Pourtant, elle était la seule exception à la règle qui veut que personne n'a le droit de s'installer aux grilles du palais présidentiel des Etats Unis.

Une dame un peu folle tout de même, on ne peut pas dire le contraire. Mais d'un genre de folie douce contre laquelle personne ne pouvait intervenir. Pas assez pour être internée et surtout, elle exerçait son droit absolu à la liberté d'expression, donc impossible de la faire déguerpir.

Et puis, elle était devenue, au fil des ans, une véritable institution :les touristes s'arrêtaient pour la photographier et les Washingtoniens pour lui glisser une petite pièce, contre laquelle elle donnait un petit caillou blanc, le caillou de la paix. Le soir, elle remballait son bric à brac pour revenir à vélo le lendemain. Michael Moore lui a donné la parole dans Farenheit 9/11 . Son heure de gloire. Elle n'était même pas américaine d'ailleurs : elle était espagnole.

Concepcion Picciotto, militante pour la paix, méritait bien la une du Washington Post et 2 minutes sur l'antenne de France Inter.

Une revue de presse qui prend des airs de militantisme

J'ai voulu voir si d'autres femmes faisaient aussi la une pour les causes qu'elles défendaient. En Inde, le Times of India rapporte que 400 femmes protestent en ce moment devant le temple de Shani Shingnapur. Le temple en question est interdit aux femmes. Une bonne raison, estiment-elles, pour tenter à tout prix d'y pénétrer. Elles ont même menacé de le survoler en hélicoptère pour se laisser tomber sur le parvis intérieur ! En Egypte, lLOrient le Jour relaie la condamnation à trois ans de prison d'une célèbre chroniqueuse, Fatima Naout, pour « insulte à l'islam », parce qu'elle avait dénoncé l'abattage massif d'animaux pendant la fête musulmane du sacrifice, l’Aid Al Adha. Mais tout le monde pense au Caire qu'elle a été condamnée sur le titre de sa chronique : « Joyeux Massacre », une allusion à peine voilée à la répression policière et militaire.

A Barcelone, c'est la reine du carnaval qu'on ressuscite ! C'est très sérieux. Dans les pages de La Vanguardia , on apprend que la Maire de Barcelone, Ada Colau, a décidé de substituer au traditionnel roi du carnaval, une reine : la reine Belluga.

« L'histoire est écrite par les vainqueurs », souligne la mairie de Barcelone, « or les vainqueurs ont toujours été des hommes. Il est temps d'introduire même symboliquement des figures féminines. Donc vive la Reine Belluga, qui n'a pas été de sortie carnavalesque depuis le XVIIe siècle »

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