À la veille du sommet du G20 à Osaka, le Japon s'organise pour accueillir les plus grands dirigeants de la planète. Et même le monde de la prostitution y met du sien.

Le quartier chaud d'Osaka va tirer le rideau pendant tout le G20.
Le quartier chaud d'Osaka va tirer le rideau pendant tout le G20. © AFP / Nicolas Boyer / Hans Lucas

Autour d’Osaka, des autoroutes fermées… 32 000 policiers déployés dans toute la ville. Et tout cela pour assurer la sécurité de Donald Trump, Emmanuel Macron et consorts, ces dirigeants des vingt pays qui tiennent entre leurs mains 85% du PIB mondial. Au sommaire de leur réunion sous tension, quelques très gros dossiers, comme le bras de fer avec l’Iran, le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis, avec à la clé la rencontre prévue entre le président chinois Xi Jin Ping et Donald Trump.

Pour ce premier G20 jamais organisé dans leur pays, les japonais veulent donner le meilleur d’eux-mêmes.  A Tobitashinchi, le quartier chaud, le "red light district" d’Osaka, toute l’industrie du sexe et du jeu a décidé de fermer boutique le temps du G20, histoire de ne pas compliquer le travail de la police déjà occupée ailleurs. Les 159 entreprises du syndicat local ont donc décidé d’organiser ce qu’elles appellent un "festival du rideau", raconte le quotidien Asahi Shinbun.  Elles ont en effet couvert de rideaux blancs les vitrines où les touristes et les clients se pressent, comme à Amsterdam, devant des dames très peu vêtues. 

Prostitution illégale, mais tolérée au Japon

Les salles de jeu, elles, ont aussi fait l’effort de ne pas renouveler leur parc de machines à sous alors que la plupart le font chaque mois. C’est d’ordinaire un appât à clients puisque ces derniers sont persuadés qu’ils vont gagner plus facilement si les machines sont neuves. 

Tout le monde se met en veilleuse le temps de la rencontre des grands de ce monde. La preuve, ces affiches sur les murs du quartier avec ce slogan : 

G20 réussissons tous ensemble.

C'est la seconde fois que ce genre d'initiative a lieu, après un précédent en 1989 à la mort de l’empereur Hirohito.  De fait, la prostitution au Japon a un statut compliqué. Elle n'est plus officiellement légale, mais est complètement tolérée, bien plus admise dans les mœurs qu'en France par exemple. Après les lois anti-prostitution de 1958, elle n’est plus tout à fait légale, mais totalement tolérée. 

Geste de bonne volonté avant les JO de Tokyo

Les bordels de Tobitashinchi ont simplement changé de statut, désormais classés "restaurants traditionnels" tout en continuant à offrir des prestations de maisons closes. Le marché du sexe au Japon représente quand même 1% du PIB, soit l’équivalent du budget de la défense nationale.   En mettant son « industrie » en pause le temps du G20, le monde du sexe et du jeu au Japon entend donner à la police un gage de bonne volonté.

Un galop d’essai avant les jeux Olympiques de Tokyo en 2020, qui seront une occasion rêvée pour faire un maximum de chiffre d'affaire... En montrant leur capacité à s'organiser, et à faciliter quant il le faut le travail de la police, les patrons des quartiers chauds veulent prouver qu'ils sont tout à fait capable de se gérer tout seuls. Sans police pour y mettre le nez...

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