Les populistes progressent, c'est un fait. Mais en Grèce, en Espagne, aux Pays-Bas, en Allemagne, leur contre-performance réduisent cette victoire à quelques sièges de plus au Parlement européen. D'autant qu'ils ne pourront compter longtemps sur le renfort des "brexiters" britanniques.

Ces élections européennes suscitent des commentaires très contradictoires en Europe. Voire même parfois étonnant, vu de France où l'attention a été focalisée sur le match Rassemblement national – la liste Renaissance de La République en Marche. A commencer par ceux des quotidiens qui doutent d'une victoire des eurosceptiques :

Le Financial Times par exemple titre que « les partis pro-Européens résistent sur tout le continent ». Le quotidien des affaires britanniques explique que « certes les partis centristes ont perdu des sièges au profit des écologistes et des libéraux » mais que

« Les Eurosceptiques et les partis d'extrême-droite n'ont au fond réalisé que de modestes gains dans toute l'Europe et ne renvoient au Parlement européen guère plus du quart des sièges dont ils disposaient dans l'ancienne assemblée ».

Certes, ajoute le FT, « les eurosceptiques de droite et d'extrême-droite ont réalisé quelques gains spectaculaires, notamment en Italie, mais ils n'en ont pas amassé suffisamment dans le reste de l'Europe pour faire la différence, notamment en France ».

Les Britanniques, tout à leur Brexit destructeur

Il y a ceux de la presse britannique où le Brexit continue de faire des ravages électoraux, laissant les deux principaux partis de gouvernement – Conservateurs et travaillistes – totalement dévastés au profit d'un Brexit party triomphant.

Mais tous les commentateurs notent aussi l'effondrement de UKIP, l'ancien parti de Nigel Farage : autrement dit, hors du Brexit point de salut pour les populistes : il n'y a pas d'alternative politique structurée et populiste en Grande-Bretagne.

En Allemagne, on ne parle évidemment que de la déroute des socialistes du SPD, mais aussi du score plutôt décevant de l'AFD et, à l'extrême-gauche de Die Linke. L'Allemagne ne s'avère décidément pas être une terre de conquête pour les extrémistes.

Enfin, aux Pays-Bas, c'est le commentaires du chef du plus défaits des partis d'extrême-droite d'Europe, le parti anti-migrants anti-musulman de Geert Wilders, qui partout fait la une : « nous devons assurer l'avenir de notre terre et de nos enfants ».

C'est l'exacte paraphrase du plus célèbre des slogans suprématiste blanc, dit « les 14 mots », et qui dit exactement « nous devons assurer l'existence de notre peuple et l'avenir pour les enfants blancs ».

Rappelons que c'est un suprématiste blanc qui a tué 51 musulmans dans deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande.Et que c'est un autre suprématiste blanc, Anders Breivik, qui a massacré 71 jeunes travaillistes à Utoya, en Norvège en juillet 2011.

Enfin en Italie, derrière la victoire nette de Matteo Salvini, avec un impressionnant 34%, la Stampa remarque que, appliquée au niveau national, la Ligue ne parvient toujours pas à gouverner seule : elle devra continuer à s'allier avec un mouvement 5 étoiles affaibli

Ou, et c'est ce qui est le plus surprenant, ressusciter la vieille alliance à trois avec les Fratelli d'italia, un parti clairement néo-fasciste, et... le parti de Silvio Berlusconi qui, à 82 ans, redevient incontournable. Le diable est à nouveau sorti de la boite.

L'Espagne a voté socialiste (qui ont perdu Madrid) et la Grèce se débarrasse des Néo-nazis

Et le résultat est assez baroque : d'une part les socialistes espagnols ont nettement remporté les Européennes mais d'autre part, ils ont perdu Madrid – capitale et région – et notamment à cause d'un mal que l'on connait bien à gauche en France : la division.

L'équivalent espagnol des Insoumis de Jean-Luc Mélanchon, le parti Podemos, s'est littéralement effondré partout dans la Péninsule et notamment à Madrid. Enfin, il y a un pays où les élections européennes ont eu d'immédiates conséquences nationales :  

Ce pays, c'est la Grèce où Syriza, le parti du Premier ministre Alexis Tsipras, a 10 points de retard sur la droite et où, immédiatement, des élections législatives ont été convoquées. Une info tonitruante qui fait oublier l'effondrement des néo-nazis d'Aube dorée : avec 4% des suffrages, ils n'existent pratiquement plus.

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