Une statue qui pourtant remplissait toutes les cases pour éviter toute polémique. Elle n'a rien à voir avec la guerre de Sécession. Mieux encore, elle ne commémore rien de national. Elle rend hommage aux « femmes de confort ».

La statue de Steven Whyte en hommage aux "femmes de confort" à St. Mary's Square à San Francisco
La statue de Steven Whyte en hommage aux "femmes de confort" à St. Mary's Square à San Francisco © AFP / JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Les « femmes de confort » sont ces prisonnières Sud-coréennes, Chinoises ou Philippines utilisées comme prostituées par les troupes d'occupation japonaises pendant la Seconde Guerre Mondiale. Selon l'ONU, l'armée japonaises en a ainsi « consommé » 200 000 !

Inutile de dire que le sujet est particulièrement sensible au Japon et dans toute l'Asie. Il a fallu attendre 1993 pour que Tokyo l'admette et s'excuse officiellement et 2015 pour qu'un accord soit signé entre les Japonais et les Sud-coréens.

Il y a une forte communauté américano-coréenne installée en Californie, et il existe d'autres statues rendant hommage dans le monde à ces « femmes de confort » : en Allemagne, en Australie et même aux Etats-Unis.

En Corée du Sud, il y en une à Séoul, devant l'ambassade du Japon et l'autre à Busan, près du consulat. Or celle de San Francisco a obtenu il y a quelques semaines le rang de « monument municipal ». C'est-à-dire que c'est devenu un monument officiel.

Or il se trouve que la ville de San Francisco est jumelée depuis 1957 avec celle d'Osaka, au Japon. Parce qu'il y a aussi une très importante communauté nippo-américaine à San Francisco ! 

Furieux, le maire d'Osaka a décidée de résilier ce jumelage

Le maire de San Francisco devait savoir que le sujet était sensible pour les Japonais, mais, en pleine affaire Weinstein aux Etats-Unis, cette statue est d'un coup devenue très précieuse, puisqu'il s'agit aussi d'une dénonciation des violences faites aux femmes. Une aubaine ! Le maire a préféré en profiter et se fâcher avec Osaka !

Aux Etats-Unis, rien ne va plus au Département d'Etat

C'est le New-York Times qui a résumé l'affaire en parlant « d'exode » au ministère des Affaires étrangères américain : des centaines de diplomates chevronnés poussé à la retraite ou tout bêtement viré.

On sait que l'administration Trump n'aime pas les diplomates : pour eux, ils sont la quintessence du fonctionnaire tatillon. Le budget des Affaires étrangères a d'ailleurs été réduit d'un tiers ! Le problème, c'est qu'il y a beaucoup de départ et peu d'arrivée !

Le nombre d'étudiants tentant le concours du Département d'Etat a baissé de 50% ! Pire : beaucoup d'ambassades n'ont toujours pas d'ambassadeur. Les Etats-Unis sont en crise avec la Corée du Nord, mais pas d'ambassadeur en Corée du Sud.

La conflit gronde en Syrie, Iran et Arabie saoudite mais pas d'ambassadeur à Ryad, en Turquie, en Jordanie, en Egypte ou au Qatar. Ni en Afrique du Sud, alors que le Zimbabwe voisin vit des heures capitales. Bref, la diplomatie américaine est à la rue

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