La possible inscription du Reggae au patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO, les experts de l’ONU y réfléchissent... Réunis jusqu'au 1er décembre à l'île Maurice, les 24 états membres consacrent leurs débats à la sauvegarde du patrimoine vivant à travers le monde.

Le reggae au patrimoine mondial de l'UNESCO, pourquoi n'y était-il pas avant ?
Le reggae au patrimoine mondial de l'UNESCO, pourquoi n'y était-il pas avant ? © Getty / Richard Newstead

Mais pourquoi n’est-ce pas déjà le cas ? Le comité de sélection de l’UNESCO devrait prendre sa décision ce mercredi 28 novembre 2018. Très honnêtement, comment ne pas couronner ce vieux monsieur qu’est le reggae ? Il symbolise de nombreux combats contre les inégalités, de nombreuses luttes à travers l'histoire. Celle de l’alternance politique en Jamaïque dans les années 70 où son "âge d’or" coïncide avec l’arrivée au pouvoir du socialiste Michael Manley.

Le reggae symbole aussi de la rébellion des peuples opprimés, que tous les rastafariens de la planète ont associé à l’empereur éthiopien Haile Selassie, le Negus, dont le discours à l’assemblée générale des Nations Unies, le 4 octobre 1963, a inspiré le célèbre "War" de Bob Marley. 

Le reggae voix du pacifisme et de l’universalité qui parvient même à trouver un public aux antipodes des valeurs qu’il défend, en 1964, les mods britanniques se jetteront sur le premier disque jamaïcain arrivé sur leur île. 

Avec "My boy lollipop" de Millie Small, le reggae est encore à l’état embryonnaire mais par la suite aucun pays n’échappera à sa fièvre. Plus près de nous, Serge Gainsbourg en a fait une Marseillaise.

Aujourd’hui, les festivals de reggae se sont enracinés un peu partout sur la planète, en Allemagne, en Chine et même au Népal. 

Une culture, un savoir faire.

L’UNESCO voudra-t-elle sanctuariser ce maillon fort ? D’une dynastie musicale qui s’étend du mento au reggaeton en passant par le dancehall, le dub… et bien sûr le hip hop.

Prenez par exemple « Bam Bam », morceau de Sister Nancy. Cette boucle est un des sample reggae les plus empruntés, par des artistes américains comme Jay Z, The Basement, Main Source, Kanye West et Rihanna. Jusqu’en 2014 Sister Nancy n’a pas touché un centime de royalties, il a fallu que la société Reebok l’utilise dans une de ses pubs pour que Sister Nancy soit rémunérée en tant qu’auteure. 

Le label UNESCO pourrait aussi contribuer à mieux protéger la culture reggae, 

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