C'est la première fois que les douanes espagnoles parviennent à saisir un de ces "narco sous-marins" dont les repentis parlaient. Et les policiers n'en sont pas revenus !

Un sous-marin transportant de la drogue (il s'agissait sur cette photo d'une interception en Colombie, en 2018)
Un sous-marin transportant de la drogue (il s'agissait sur cette photo d'une interception en Colombie, en 2018) © AFP / ESPECIAL / NOTIMEX

Direction l'Espagne, où les douaniers ont appréhendé un « narco sous-marin ». Cette histoire incroyable se passe en Galice, à l'ouest de l'Espagne. Une région qu'on sait depuis longtemps liée au narco-trafic. Les douaniers et policiers espagnols avaient été avertis par la DEA, l'agence étasunienne chargée de la lutte contre le trafic de drogues.

Donc nos pandores ibériques ont planqué pendant une bonne semaine à Cangas do Morrazo, une petite ville portuaire de la province de Pontevedra. Ce qu'ils espèrent, c'est surprendre le transbordement de plusieurs tonnes de cocaïne venus d'Amérique.

Surtout, ils rêvent de voir un de ces fameux narco sous-marins dont les repentis parlent depuis plus de dix ans et que personne n'a jamais vu. Pour une bonne raison : sitôt transbahutée la marchandise à bord, disons, d'un bateau de pêche, ils sont coulés.

Du Surinam à la Galice : 8000 kms d'océan

En fait, les transbordeurs ne sont jamais venus. Probablement prévenus de la présence policière. Au bout d'une dizaine de jours, n'en pouvant plus, les trois hommes d'équipage du narco sous-marin se sont approchés de la côté pour échouer leur engin et s'enfuir.

Les policiers ont donc arrêté deux d'entre eux, deux Equatoriens, et surtout remorqué l'engin. Et ils n'en sont toujours pas revenus : le narco sous-marin n'est pas une petite chose toussotante : il fait 22 mètres de long, il est équipé d'un moteur de 2 000 chevaux. Et surtout, il a été capable de quitter son port d'attache et de fabrication - le Guyana ou plus probablement le Surinam (un pays frontalier avec la Guyane française) et de parcourir d'un trait les 8 000 kms d'océan Atlantique pour rallier les côtes galiciennes.

Au bas mot, 2 millions d'euros pour les construire

C'est peut-être le plus fascinant de cette histoire : à peine ! Quelques jours d'entraînement suffisaient visiblement pour leur apprendre à supporter la pression en cas du submersion – pas plus de quelques mètres sous l'eau, mais tout de même.

Un système de navigation automatique les guidait mais le plus grand danger c'est de veiller à aérer l'engin régulièrement à cause de vapeurs de cocaïne qui s'échappent de la cargaison et qui peuvent être mortelles. Le voyage dure une bonne semaine.

On connaît même leur prix de fabrication : 2 millions d'euros. On peut même se demander si les paquets de cocaïne retrouvés en quantité sur les plages françaises il y a quelques semaines ne provenaient pas de l'échouage d'un de ces sous-marins.

Pablo Escobar a eu l'idée, ses suiveurs l'ont perfectionnée

C'est vrai ! On sait même qu'à l'origine, c'est une idée de Pablo Escobar qui, par le biais des Cubains, avait tenté d'acheter aux Russes, au début des années 1990, un vrai sous-marin. Les Russes avaient décliné, ils s'était donc tournés vers l'auto-construction.

Donc des mini sous-marins transportant de la cocaïne de la Colombie vers le Mexique et les Etats-Unis, ça avait été tenté. Mais les Américains les repéraient trop facilement. Les cartels ont donc tenté le voyage transatlantique : d'abord à destination de l'Afrique... Puis plus récemment, des îles Canaries. Enfin, devant le succès, les côtes espagnoles et surtout, la Galice, vieille terre de contrebande et de trafic en tous genres vers l'Europe du nord. L'opération de Cangas do Morrazo en est juste l'éclatante confirmation.

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