En feuilletant la presse internationale ce matin, on s'inquiète pour l'avenir des saucisses, des steaks et du bacon.

C'est fou comme un simple communiqué de l'Organisation mondiale de la Santé, expliquant de la viande rouge et la charcuterie pouvaient être cancérogènes, a fait le tour du monde en suscitant une sorte de révolte culinaire.

Ca fait la une de La Repubblica en Italie. Le quotidien est allé interviewer Dario Cecchini, le Michel-Ange du beefsteak et de la finocchiona, la salami toscan, dans son restaurant très carné de Panzono in Chianti. Pour lui : « la viande est pur plaisir, j'ai beaucoup de respect pour les végétariens mais moi je suis un anarchiste, un libre penseur, comme Lucrèce, nous sommes tous les fils du De Rerum Natura qui met l'homme au cœur de toutes choses ». Traduire : foutez-moi la paix.

MIN Rungis viandes de boucherie veau
MIN Rungis viandes de boucherie veau © Radio France, wikimedia / Myrabella

L'info révolte aussi le Chicago Tribune : « C'est peut-être l'attaque la plus vicieuse faite au mode de vie américain : selon l'OMS, le bacon grillé et croustillant serait dangereux ».

La seule solution pour l'éditorialiste : monter une coalition internationale et envahir l'OMS à Genève et « écraser sous les bombes ces ayatollah anti bacon ».

Il n'y a guère que les Indiens qui font les malins : dans le Times of India, l'info est reprise sans commentaire et ajoutant, l'air de rien, qu'aucun steak, ni porc ne sera servi au cours du sommet Inde-Afrique qui se tient à New Delhi. Végétarien sinon rien. Et toc ! L'Inde qui, je le rappelle, est le premier exportateur mondial de bœuf. Et re toc !

Enfin, j'ai repéré dans leNew York Timesune info qui m'a fait rêver : la découverte en Grèce, à Pylos d'une tombe princière mycénienne (Agamemnon, Nestor, L'Odyssée) vieille de 3 500 ans. Une des plus riches jamais découvertes : des bijoux d'or, des armes, un véritable trésor.

Une saisie de drogues, hier, à l'aéroport de Beyrouth

C'est une saisie exceptionnelle sous beaucoup d'aspects. D’abord, la quantité : deux tonnes tout de même, le tout à bord d'un jet privé. Le trafiquant ensuite : un prince saoudien et sa suite. La drogue enfin : des pilules de Captagon et un peu de cocaïne. On parle d'une quarantaine de valises. Le prince Abdel Aohsen ben Walid ben Abdelaziz a donc immédiatement été arrêté. Il risque gros, mais moins que dans son pays d'origine où le trafic de drogues est puni de mort.

La question est donc : qu'est que le Captagon et pourquoi un prince saoudien en goguette s'embarrasse-t-il dans son avion privé d'une telle quantité ? Le Captagon est une amphétamine créée dans les années 60 pour soigner l'hyperactivité ou la dépression.

Le problème, c'est qu'elle est très addictive, cette pilule, et elle a donc été interdite dans la plupart des pays occidentaux. Elle est par contre très populaire au Moyen-Orient où, selon l'OMS, les deux-tiers des saisies ont été effectuées.

En fait, c'est la drogue des djihadistes. Et tout devient plus clair : le Captagon, c'est la drogue qu'utilisent les soldats du djihad pour rester éveillés et surtout parce que ça les rend euphoriques avant d'aller au combat. L'Arabie Saoudite arme les djihadistes : de là à imaginer qu'elle paie aussi les drogues qui leur permettent de massacrer tout en restant de bonne humeur, il n'y a qu'un pas...

Que les douaniers libanais ont franchi allègrement en rappelant qu'en 2014, ils avaient déjà intercepté 15 millions de pilules de Captagon dans le port de Beyrouth.

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