Ça vous dirait un petit tour dans les favelas de la « ville merveilleuse » ?

Archive : un touriste prendre en photo la favela Santa Marta à Rio de Janeiro, 5 septembre 2012.
Archive : un touriste prendre en photo la favela Santa Marta à Rio de Janeiro, 5 septembre 2012. © Reuters / Pilar Olivares

Rio, ses écoles de samba, ses plages interminables, ses gratte-ciels en bord de mer et ses favelas ! Comment ne pas avoir envie de s'y balader un peu ? Nos 20 touristes français n'ont même eu à chercher bien loin pour réaliser leur rêve : à Rio, il y a des tours opérateurs spécialisés, avec guide en français, s'il vous plaît ! Celui qu'ils ont choisi s'appelle Favela Tour et la favela choisie était Rocinha. Une des plus célèbres et des plus faciles d'accès, une des plus anciennes aussi, à deux pas centre-ville. Idéal pour la balade. Et voilà nos français en goguette, appareil photos et perche à portable en main, partis pour une visite inoubliable.

La visite s'est bien passée, leur guide a même expliqué qu'ils étaient ravis de la promenade. Certains voulaient même revenir. Pour tout dire, ils ne sont pas allé bien loin : ils ont pris une passerelle d'accès, sont restés dessus, ont pris des photos et c'est tout !

Cela a suffit pour choquer tout un pays

La photo de nos compatriotes en goguette a fait la une du grand quotidien O Globo et depuis, la presse ne décolère pas contre l'agence Favela Tour. On l'accuse d'indécence, bien sûr, mais surtout d'inconscience.

Car Rocinha, depuis quelques jours, depuis le 17 septembre exactement, est un quartier totalement assiégé. Par les gangs d'abord, qui y ont trouvé refuge et qui multiplient les attaques et les tirs, terrorisant les 100 000 habitants de Rocinha.

Par la police militaire, ensuite, qui répond coup sur coup, lorsqu'elle est pris à partie. Par l'armée enfin qui a été envoyée sur place tant la situation est grave : 950 militaires et leurs blindés se sont ajoutés aux 2 700 policiers dépêchés sur place ! C'est la guerre !

Les touristes français n'y sont pour rien, mais leur petit tour de favéla, qu'ils pensaient bien innocent, s'est transformé d'une part en symbole de la morgue et du mépris avec lesquels on traite les pauvres au Brésil et d'autre part, en preuve patente de l'avidité des organisateurs de cette petite balade.

Quelques lignes d'un édito paru dans El País hier :

Personne n'a le droit de transformer les favélas en parcs zoologiques où l'on va voir « comment vivent » les pauvres. La vraie misère n'est pas dans les favélas mais dans le regard de ces touristes.

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  • Le bonus non entendu à l'antenne :

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En Russie, une découverte unique : un superbe diamant rose. Vous avez tous entendu parler du plus gros diamant brut du monde, 1109 carats, la taille d'une balle de tennis et vendu hier aux enchères pour 53 millions de dollars. Il a été trouvé au Botswana et il fait désormais le bonheur d'une acquéreur britannique.

Mais la vraie info diamantifère de la semaine est ailleurs : c'est un modeste diamant de 27,85 carats, trouvé en Sibérie la semaine dernière. Mais ce qui le rend exceptionnel, hormis sa pureté, c'est évidemment sa couleur : les diamants roses sont rarissimes.

Et surtout, les diamants roses de plus de 10 carats : celui-là en fait plus du double ! Du coup, sa valeur pourrait s'envoler pour peut-être tutoyer celle de son cousin boursouflé du Botswana ! Avantage Russie !

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