La presse ibérique a bien sûr commenté la candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone... Mais ce qu'elle écrit de l'ancien Premier ministre français n'a pas grand chose à voir avec la réalité que les Français connaissent.

Manuel Valls pendant une conférence de presse après l'annonce de sa candidature à la mairie de Barcelone
Manuel Valls pendant une conférence de presse après l'annonce de sa candidature à la mairie de Barcelone © AFP / Josep Lago

Chronique internationale 27-09

A lire la presse espagnole sur la candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone, on comprend mieux la distance qui sépare Paris de Barcelone : les commentateurs espagnols connaissent si peu Manuel Valls qu'ils projettent sur lui leurs fantasmes sur la France, sur l'Espagne et sur Barcelone. Du coup, on lit des trucs invraisemblables :

Un exemple : le quotidien madrilène monarchiste ABC, qui hait les indépendantistes catalans, peut écrire sans trembler : « la belle lumière de Paris a baigné Barcelone à l'instant même de son discours de candidature ».

« Enfin, un homme politique bien élevé, aux manières impeccables, hautement cultivé, à la syntaxe affutée, qui n'a pas honte d'être trop cultivé, ni trop intelligent, mais  qui au contraire, met culture et intelligence au cœur du vivre-ensemble, du progrès et de la liberté ». Il s'agit bien du portrait de Manuel Valls dont il est question.

El País, grand quotidien madrilène lui-aussi très anti-indépendantistes titre : « Manuel Valls révolutionne l'ouragan catalan ». Je traduis ! « Un des principaux effet Valls est de déprovincialiser la politique catalane ».  

Ce qui est déjà délirant, parce qu'il n'y a moins provincial, plus cosmopolite que Barcelone, loin devant Madrid. Et le quotidien ajoute : « la candidature de Valls éveille les passions, des passions différentes de celles qui d'habitude agitent la Catalogne ».

Encore un quotidien qui prend ses rêves espagnolistes pour la réalité catalane. Je rappelle que Manuel Valls lance une candidature plutôt marquée à droite et que Barcelone n'a jamais dans son histoire élu une seule fois un maire de droite.  

El Mundo, droite libérale, madrilène et anti-indépendantiste : « Controversé, populaire, combatif. Socialiste apprécié par la droite, social libéral, bourreau de la gauche, dur avec l'immigration illégale et l'islamisme, Manuel Valls a été tout cela en France et le voilà parti à la conquête de Barcelone, sa ville natale ».

Et le même quotidien conclut : « les amitiés estivales de son père, le fait qu'il parle catalan, qu'il est socio du Barça et qu'il a les idées claires, tout cela aidera Manuel Valls à se construire une nouvelle vie à compter d'aujourd'hui. Ses rivaux doivent savoir qu'ils ont face à eux un homme décidé, aux idées claires et à l'envie d'en découdre ».

On dirait un chapitre de roman de chevalerie ! Don Quichotte en pays catalan... Un fantasme, ou un fantôme. C'est d'ailleurs l'angle des catalanistes à Barcelone. Comme Public, le quotidien en ligne : « Valls le député fantôme qui atterrit à Barcelone à la recherche d'une nouvelle opportunité. »

« Manuel Valls avait pour habitude d'expliquer que les échecs politiques sont surtout une chance pour se réinventer. Et le politicien français sait de quoi il parle (…) Conscient que l'opinion publique française le donnait déjà pour mort et enterré, Valls s'est donc donné pour objectif de devenir le prochain maire de Barcelone ».

Mais il y a pire ! Il y a le quotidien barcelonais et catalaniste El Punt Avui qui décrit Manuel Valls comme : 

avec une seule envie en tête : récupérer son empire perdu de l'autre côté des Pyrénées ». C'est complet : histoire et mépris français. Il va regretter la France Manuel !

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