Dans l'exode des Vénézuéliens fuyant la misère et l'hyperinflation, il y a des Indiens Warao. Et lorsqu'ils traversent la frontière brésilienne, ce sont leurs "frères" Macuxi qui les accueillent avec hostilité. Décidément, des Warao aux Syriens, l'humanité n'est qu'une, pour le meilleur et le pire !

Des membres de la tribu Warao, le deuxième groupe autochtone du Venezuela, se reposent dans des hamacs au refuge Janokoida, où ils se sont réfugiés le 21 août 2018 dans la ville frontalière de Pacaraima au Brésil.
Des membres de la tribu Warao, le deuxième groupe autochtone du Venezuela, se reposent dans des hamacs au refuge Janokoida, où ils se sont réfugiés le 21 août 2018 dans la ville frontalière de Pacaraima au Brésil. © AFP / Mauro PIMENTEL

On le sait, les Vénézuéliens quittent leur pays en masse... dont des indigènes Warao, les premiers vrais Vénézuéliens : ils vivent dans le delta de l'Orénoque depuis plus de 8 000 ans, c'est dire ! Les Indiens Warao sont aussi la population la plus fragile d'un pays en totale déliquescence. Or depuis plusieurs mois maintenant, ils fuient.

Ils fuient leur région où ils ne trouvent plus de médicaments pour se soigner et où ils ne peuvent plus rien acheter à cause de l'hyperinflation – on parle pour 2018 d'un million de pour-cent ! - ou tout simplement parce qu'il n'y a plus rien à acheter.

L'exode les conduit au Brésil ou d'ailleurs, ils amènent avec eux des maladies éradiquées côté Brésilien mais qui, dans le chaos sanitaire, sont réapparues côté vénézuélien comme la rougeole ou le paludisme.

Prise en charge exemplaire côté brésilien...

Immédiatement même ! Une équipe du ministère brésilien chargé des questions indigènes s'est immédiatement déplacée, elle a réquisitionné une auberge, a fait construire un hôpital de campagne, une aire de repos.

Bref, un vrai camp de réfugiés pour les Warao a été installé en un temps record dans la ville frontalière de Pacaraima. Là-même où la semaine dernière des manifs contre les migrants vénézuéliens ont eu lieu, obligeant l'Etat a envoyer des renforts de troupes.

Or parmi ces manifestants, il y avait d'autres indiens, brésiliens ceux-là, appartenant à un autre peuple de la région, les Macuxi. Dans ce coin de l'Amazonie brésilienne, vivent environ 8 000 indigènes appartenant aux peuples Macuxi, Wapichana et Taurepang.

Les Macuxi en veulent aux Warao !

Comme chez nous, les Macuxi disent qu'ils n'ont rien contre les Warao, mais que le Brésil n'a pas vocation a accueillir toute la misère du monde. Ils ajoutent en plus que depuis que ces étrangers de Warao ont traversé la frontière, tout le monde est malade.

Ensuite, comme chez nous, ils en veulent aux autorités d'avoir dépensé sans compter pour venir en aide au Warao alors que, eux, les Macuxi, ça fait des mois sinon des années qu'ils demandent un centre de soin, des écoles, des routes...

« Ils ont tout ce qu'ils veulent et nous, les Brésiliens, on nous abandonne ! », je cite les Macuxi, interrogés par le quotidien espagnol El Mundo ! Mais le pire c'est lorsqu'ils ont appris la construction à venir un nouveau centre d'accueil flambant neuf pour les Warao.

Or les Macuxi n'en veulent pas de ce centre d'accueil. Avec un argument qui fleure bon le très chic XVIe arrondissement lorsque la Mairie de Paris a voulu y installer un centre pour SDF, vous vous souvenez ? « Pas de ça chez nous », parce que le centre pour Warao doit être installé en plein territoire Macuxi.

Y-a-t'il a une morale à cette histoire ? Est-ce qu'Indiens ou pas, nous appartenons tous à la même humanité, pour le meilleur ou pour le pire ? Ce qui est certain par contre, c'est le malheur de tous les réfugiés du monde, de la Syrie au Vénézuéla, arabes ou Warao...

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