Par Olivier Poujade

Rencontre ce matin avec le Rambo irakien, personnage bien réel présenté là-bas comme le pire cauchemar de Daesh.

La légende dit que cet homme aurait réduit en poussière près de 1500 combattants de l’organisation Etats Islamique autour de Tikrit au Nord de Bagdad.

Abu Azrael: c'est le nom de guerre de ce robuste guerrier, crâne rasé, barbe longue, charisme et sourire d’acteur hollywoodien. Toutes ses sorties au combat sont mises en scène comme de véritable blockbusters. Abu Azrael est un colosse bodybuildé, surarmé, posant régulièrement une hache sur l’épaule, une kalachnikov dans l’autre main.

Et ses faits de guerre sont détaillés, amplifiés, magnifiés, à travers l'Irak.

Des pages entières lui sont consacrées sur les réseaux sociaux, des tee shirts à son effigie sont vendus dans les rues de Bagdad, un clip musical, un dessin animé lui sont consacrés. Les enfants irakiens demandent même que le nom d'Abu Azrael soit sculpté sur leur crâne à la tondeuse.

L'histoire d'un homme ordinaire, ancien professeur d'université selon certaines versions devenu soldat star.

Ayyub Fayeh Al Roubayé - ce serait apparemment son véritable nom - a redonné l’espoir aux populations chiites irakiennes, il est l’incarnation de la propagande anti-Daesh.

Une contre propagande parfaitement calquée sur celle de l'ennemi car si l'image de ce valeureux héros protégeant les populations menacées par les terroristes est savamment mise en avant, ce commandant de la brigade de l’Imam Ali n'en est pas moins un bourreau sanguinaire dont les pratiques sont comparables à celle du macabre Jihadi John. Abu Azrael brûle, découpe les corps de ses victimes. Et s'il a été le citoyen ordinaire que l'on veut bien nous décrire, il ne l'a pas été très longtemps. En 2003, contre l'envahisseur américain, c'est au sein de l’armée du chef chiite Moqtada Al Sadr qu'Ayyub Fayeh Al Roubayé va acquérir toute son expérience militaire.

Plus tard en 2014, après la fuite honteuse d’une partie de l'armée irakienne face à Daesh, il est rapidement identifié comme le symbole de la résistance, une résistance organisée par l’Iran et ses célèbres gardiens de la révolution pour lesquels Abu Azrael affiche clairement une certaine sympathie.

Si je vous parle de lui aujourd'hui c'est que des rumeurs circulent depuis quelque temps autour de sa mort. Information, désinformation... tout cela fait évidemment partie d’une intense guerre de propagande.

L' Organisation état islamique dont le leader Al Baghdadi est sorti de son silence ce week end par un message audio commenté dans la presse internationale.

Et l’on s’interroge par exemple dans le New York Times sur le pouvoir de Daesh sur le web : on sait que la loi sur la liberté d’expression est l’une des plus sacrées aux Etats-Unis, elle ne peut être remise en question que si le message diffusé pose un « danger clair et imminent » précise le 1er amendement, une mention que certains juristes américains n’estiment pas très claire justement et réclament qu’elle soit redéfinie compte tenu de l’influence vérifiée des terroristes sur internet.

Le Jerusalem Post s’intéresse lui aussi à cet enregistrement dans lequel Al Baghdadi menace directement Israel, message que le quotidien ne prend pas au sérieux et qui révèle que Daesh est selon lui « sous pression », que les terroristes sont en train de perdre des territoires et tentent de masquer cette faiblesse par de la propagande.

Enfin Le journal britannique The Independant a de son côté eu l’idée de compiler une série de tweets postés par des lecteurs musulmans des réponses pleine d’humour au message d’Al Baghdadi qui a de nouveau appelé les fidèles à venir le rejoindre, commentaire d’un internaute pakistanais : « désolé… je dois aller voir Star Wars… peut être une prochaine fois »

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