Du jamais vu, de mémoire de commentateur de foot : l'Allemagne éliminée de la Coupe du monde de foot dès la phase de pool. La presse allemande est littéralement abattue et ne voit souvent qu'une solution : sacrifier Joachim Löw, le sélectionneur de la Mannschaft.

Joachim Löw, le sélectionneur de la Mannschaft
Joachim Löw, le sélectionneur de la Mannschaft © AFP / Frank Hoermann / Sven Simon

« Honte historique pour l'équipe nationale », pour Die Welt ; « Un cauchemar » pour l'hebdomadaire Der Spiegel qui parle aussi « d'équipe catastrophique » ; « Eliminé le champion du monde en titre », pour le quotidien Süddeutsche Zeitung qui s'emporte contre « la prestation honteuse de la Mannschaft en Russie » et résume le jeu des joueurs d'un « football de somnanbule » vengeur ; moins dure la Tageszeitung de Berlin, parle, elle, « d'un jeu de chien fou ».

Mais à droite, comme à gauche, de Berlin à Munich, c'est malgré tout la désolation devant la contre-performance de l'équipe de foot nationale, qui laisse le pays « sans voix », comme l'écrit le quotidien populaire Bild Zeitung ; une mésaventure résumée pour tout le monde par la très prestigieuse Frankfurter Allgemeine Zeitung, la FAZ, avec ces quelques mots en une : « la chute de la maison Allemagne ».

Les premières analyses sont très dures...

Prenez la si raisonnable FAZ, par exemple, un quotidien réputé pour sa modération et regardez ce que ça donne : « _un naufrage_, éliminé dès la première phase de la Coupe du monde, cela n'était jamais arrivé à une équipe allemande. Comme championne en titre, elle était partie en Russie avec la mission claire de défendre brillamment son titre de champion du monde. Que cette attitude était arrogante ! »

En cause : l’entraîneur, Joachim Low, dont le contrat court jusqu'en 2022, et dont la fédération de foot allemande avait assuré qu'il « n'était pas question de se séparer, quel que soit le résultat ». C'est lui, ajoute la FAZ, « qui avait vanté cette équipe si jeune » mais qui dans les faits » ne lui a jamais vraiment fait confiance », notamment en négligeant de bien l’entraîner : « une faute qui s'est vue dès le match contre le Mexique ». Et la FAZ de conclure « l'avenir de Löw ne doit pas être sacro-saint et doit être discuté. Pour que cette défaite soit supportable aux Allemands, il faut que les stratèges du foot reconnaissent leurs erreurs et agissent ».

Le quotidien Die Welt est encore plus dur : « l'élimination directe de l'Allemagne est particulièrement amère et ce pour deux raisons : la première est qu'elle est méritée. En trois matchs, la Manschaft n'a eu que quelques moments convaincants. La deuxième raison est que le Mondial de foot est habituellement une compétition faite sur mesure pour nous, Allemands. Cette fois-ci, nous avons même manqué à cette tradition de respect, de fair-play et de proximité qui est pourtant notre marque de fabrique ». C'est une allusion aux provocations de membres de la Fédération allemande contre la Suède.  

Die Welt qui, pour sa part, ne veut pas entendre parler de la destitution de l’entraîneur : « lorsqu'il explique qu'il veut prendre ses responsabilités, nous le croyons sur parole. Il doit le faire à ce poste en bâtissant dès aujourd'hui, sur l'échec, l'équipe nationale de demain. Aussi amer que cela puisse paraître, Löw nous semble être encore l'homme de la situation ».

A la fin, c'est Bild qui décide

La Bild Zeitung et ses 3 millions de lecteurs quotidiens. Si c'est la Bild qui a en main l'avenir du sélectionneur, c'est fini pour lui : le titre de son éditorial du jour est très clair : « Löw doit s'en aller ». « Il y a quatre ans, nous titrions suite au 7/1 contre le Brésil : « sans voix ». Aujourd'hui aussi nous titrons « sans voix » mais pas du tout pour les mêmes raisons. Cette fois, nous n'avons pas de mots assez durs pour décrire notre déception face à cette élimination inédite, en phase de pool, de la Manschaft ».

« Cette équipe », conclut le journal, « manquait de feu, de passion » et la sélectionneur a commis erreur sur erreur : « une époque se termine, Löw doit-il en tirer toutes les conséquences ? Après 12 années comme sélectionneur, Joachim Löw doit se demander s'il est prêt a en tirer toutes les conséquences, apprendre de ses erreurs russes et à changer radicalement ». 

A cette question rhétorique, la Bild a déjà répondu : « dehors ! »

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