Ils ne forment qu'une infime minorité de ceux qui aspirent à rejoindre l'Occident, mais les réfugiés LGBTQ+, coincés en Afrique par la pandémie et le confinement, sont particulièrement fragiles.

Des membres de la communauté LGBTQI+ à la Haute Cour du Kenya après la déclaration de criminalisation de l'homosexualité
Des membres de la communauté LGBTQI+ à la Haute Cour du Kenya après la déclaration de criminalisation de l'homosexualité © Getty / Billy Mutai/SOPA Images/LightRocket

Partons au Kenya, à la rencontre de réfugiés homosexuels ou transgenres qui, souvent, ont fui les pays voisins – à commencer par l'Ouganda qui applique une des lois les plus violentes au monde à leur encontre – et ont élu domicile, très provisoirement, au Kenya.

D'autant que la pandémie de Covid-19 a un peu plus aggravé leur situation qui est déjà une des plus précaires au monde. Le Kenya, par exemple, a toujours des lois qui criminalisent l'homosexualité.

Rien à voir avec l'hystérie collective autour du sujet, voire les chasses au homosexuels en Ouganda voisin, mais ils restent victimes de racket et de violence. Et ce, même s'ils ont obtenu le Graal, à savoir la protection du l'ONU pour les réfugiés.

Relocalisation vers l'Occident à l'arrêt

Le Washington Post qui a mené l'enquête évoque au Kenya 500 réfugiés LGBT, 3 000 pour toute l'Afrique et une dizaine de milliers dans le monde entier. Ça semble peu mais, attention, il s'agit des chiffres de ceux qui sont éligibles à des programmes de "relocalisation".

Or, avec la pandémie, tous ces programmes de relocalisation vers des pays tiers et sûrs – l'Europe, les Etats-Unis, le Canada – ont été suspendus depuis le 17 mars 2020. Pire, les effectifs des ONG prenant en charge sur place les réfugiés ont été rapatriés. Or leur situation commence à devenir dangereuse, voire économiquement intenable.

Pas d'aides sur place et des discriminations toujours omniprésentes

Pendant cette période de confinement, les autorités kenyanes réservent les aides à leurs nationaux. Pour se nourrir et vivre, ces réfugiés restent dans les camps gérés par l'ONU. Des camps dans lesquels les réfugiés LGBT sont mal vus et parfois même jalousés, parce qu'ils sont souvent mieux éduqués et qu'ils obtiennent parfois plus vite leur relocalisation en Occident.

C'est la triple peine pour eux : discriminés dans leur pays d'origine, en danger au sein des structures qui sont sensées les accueillir et les protéger et empêchés de s'installer en Occident, parce que pandémie oblige, aucun transport n'est donc possible.

Plusieurs millions de réfugiés syriens 

C'est vrai, on a presque oublié qu'un mois à peine avant que l'ensemble de l'Europe ne se confine et n'ait d'autres priorités, la Turquie jouait un sale jeu qui consistait à précipiter des centaines de migrants à la frontière grecque.

L'épidémie a balayé ces médiocres petits calculs qui visaient juste à rappeler à l'Europe que la clé d'une nouvelle crise migratoire était à Ankara. Quelques centaines de millions d'euros ont dû suffire à calmer le jeu.

Mais les beaux jours sont là avec une mer plus calme et les îles grecques, toujours aussi proches. Alors plutôt que d'attendre, en Grèce comme au Kenya, l'Europe serait bien avisée d'agir et vite.

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