Direction la Havane où évidemment, la mort de Fidel Castro continue de bouleverser tout le pays...

Juanita Castro en 1970
Juanita Castro en 1970 © Getty / Keystone

Les unes des deux grands quotidiens cubains, Granma et Juventud Rebelde, sont explicites de ce point de vue. Granma titrait hier « le peuple est Fidel » et Juventud Rebelde, « Je suis le peuple » avec une photo de Castro.

Mais soyons un peu irrévérencieux avec la figure du commandeur et jouons ensemble au jeu des sept familles.

Dans la famille Castro, je demande la sœur rebelle. Juanita Castro, la seule de la fratrie des 7 Castro à toujours avoir contesté ses deux frères, Raúl et Fidel. La seule aussi à avoir abandonné l'île pour Miami, il y a 52 ans de cela. La seule enfin a avoir espionné ses frères pour le compte des Etats-Unis !

Hier, elle a expliqué qu'elle ne se rendrait pas à l'enterrement de son frère. « Je me suis exilée à Miami il y a plus d'un demi-siècle pour trouver un lieu où me battre pour la liberté de mon pays et je n'ai jamais changé d'avis, malgré la douleur et l'isolement. »

Dans la famille Castro, je demande la cousine espagnole. Elle s'appelle Manuela Argiz, elle est galicienne, de Láncara exactement et elle a 103 ans. Hier, un cortège de voiture officielle a traversé la ville, le maire en tête pour lui annoncer la mort de son célèbre petit cousin. Elle s'appelle Argiz comme le père de Fidel, Ángel Castro Argiz qui a émigré à 17 ans pour Cuba et échapper à la misère. La réaction de sa cousine qui a toujours eu la portrait de Fidel accroché chez elle ? « c'est triste, mais ça devait arriver un jour ».

Dans la famille Castro, je demande l'ami fidèle. La défunte Allemagne de l'Est : les deux régimes étaient si proches que Castro avait même offert une île au peuple est-allemand. C'était en 1972. L'île a donc été rebaptisée Ernest Thälmann, du nom d'un leader communiste allemand et entièrement germanisée.

Une statue de Thälmann accueillait les visiteurs, la plage de l'île s'appelait plage République démocratique allemande et on promettait un complexe touristique pour travailleurs est-allemands. Mais le rêve caraïbe s'est brisé comme le mur de Berlin.

L'île est aujourd'hui déserte. La dernière fois qu'un journal allemand a visité l'île, c'était en 1998, la statue de Thälmann avait été renversée... par un cyclone. C'est comme ça qu'on déboulonne les statues à Cuba : on laisse faire le temps.

  • Une revue de presse autour de la victoire de François Fillon à la primaire

La presse internationale a mis une semaine pour mettre au carré ses éditoriaux et ses analyses. Après le « qui est François Fillon ? » de Newsweek la semaine dernière, on est passé à « peut-il battre Marine Le Pen ? » en mai.

Ça c'est la question du Guardian de Londres, ce matin. Avec cette réponse, qui est à la fois une analyse et une critique : « le FN a de bonnes raisons de craindre François Fillon :il est la tête de proue d'une droite vieille France, provinciale et conservatrice ».

Il est même, ajoute le quotidien « l'incarnation de l'establishment à la française » et c'est lui qui parle de changer le système. « Il est le dark horse, le cheval noir, ou plutôt le candidat mystère qui porte désormais les espoirs de la droite ». Quel paradoxe !

Le New York Times est encore sur le portrait : « Fillon est un vétéran de la politique, sobre et sanglé dans des costumes sombres » et il ajoute, avec une pointe d'exotisme : « il vit dans un manoir médiéval, près du Mans avec sa famille et ses 5 enfants »

La Repubblica est encore plus claire : « François Fillon a promis plus de sang et de larmes pour le pays qu'aucun autre candidat à droite. Fillon est un pragmatique convaincu que les Français peuvent entendre ce qu'il appelle un « langage de vérité ». »

Même le quotidien egyptien Al Masri Al Youm y va de son portrait : « dans un pays en Etat d'urgence, depuis les attentats islamistes, les tensions culturelles sont au centre de débat politique et Fillon est la réponse assimilatrice de la droite française ».

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