Dans le monde, l'écologie politique est partout en recul et l'écologie réelle, en souffrance. De la Chine au Canada, il y a même un premier ministre, celui d'Australie, qui récemment a été démissionné sur des questions environnementales.

Et si tous les Nicolas Hulot du monde démissionnaient ?
Et si tous les Nicolas Hulot du monde démissionnaient ? © AFP / GERARD JULIEN / POOL

La démission de Nicolas Hulot a-t-elle été rapidement commentée dans la presse mondiale. Le fait qu'elle ait eu lieu en direct à la radio a simplement ajouté un peu de piquant théâtral. Mais, une fois le portrait de Nicolas Hulot écrit, sa démission racontée ainsi que les ennuis du président Macron, la presse internationale est passée à autre chose.

Notamment pour une raison passée inaperçue : il y a plus ancien que lui dans un grade plus élevé qui a, pas plus tard que vendredi dernier, perdu son poste sur des questions environnementales : rien de moins que le 1er ministre australien, Malcolm Turnbull.

C'est parce qu'il a perdu un vote crucial sur un plafond d'émission de gaz à effet de serre qu'il a été sèchement démissionné et remplacé par Scott Morrison, un fervent partisan de l'industrie australienne du charbon, dont l'Australie est le 1er exportateur mondial.

Partout dans le monde, l'environnement est un sujet politiquement toxique

Prenez le Canada : il y a là-bas un 1er ministre, Justin Trudeau, libéral, moderne, jeune, qui accueille des réfugiés par dizaines de milliers et qui est arrivé au pouvoir avec une forte ambition environnementale : faire du Canada un exemple mondial, une référence.

Or, il plonge dans les sondages, essuie défaite sur défaite dans les provinces pétrolières et gazières, a finalement autorisé de nouveaux gazoducs et oléoducs et vient de perdre l'Ontario au profit des conservateurs qui veulent défaire ses modernes politiques écolos.

Au Etats-Unis, c'est évidemment encore plus pire, puisque Donald Trump a décidé de détricoter les engagements pris par Barack Obama. Alors même, par exemple, qu'il y a 10 fois moins d'Américains travaillant pour le charbon que pour l'éolien ou le solaire.

La Chine communique beaucoup mais pollue aussi beaucoup

Ce n'est pas aux Chinois qu'on va apprendre la propagande ! Pour quelques usines polluantes arrêtées en banlieue de Pékin, combien de centaines de kilomètres de canaux creusés, détournant les eaux himalayennes ? Je vais vous le dire : 16 000 kms !

Seize mille kilomètres de canaux mais aussi des barrages et leurs retenues immenses pour détourner, transférer, plus de 10 milliards de m3 d'eau douce. Résultat : sur les 10 fleuves les plus fragiles de la planète, 5 ont leur source dans le massif himalayen.

Sans compter qu'après avoir largement épuisé les possibilités hydrauliques de ses propres fleuves, la Chine est en train de s'attaquer au château-d'eau régional : le plateau tibétain qui a lui seul représente les ¾ des glaciers himalayen. Avec l'Inde en contrebas.

Et si les Nicolas Hulot du monde entier démissionnaient ?

J'allais presque dire, il vaux mieux cela que de perdre la vie ! Au Mexique, en deux ans, 29 militants écologistes ont été assassinés. Une centaine depuis une dizaine d'années dans toute l'Amérique latine, et beaucoup d'entre eux au Brésil.

Le Brésil où la folie du soja est en train de détruire le Cerrado, une savane aussi vaste que le Mexique et que l'on détruit 4 fois plus vite que l'Amazonie. Or l'agriculture est un des seuls secteurs économiques brésiliens qui ne connait pas la crise : + 13% en 2017 !

Je ne vous parle même pas de l'augmentation des prix du pétrole qui entraîne partout une vague massive d'investissements dans les combustibles fossiles. 

Nicolas Hulot peut se consoler un peu en pensant qu'il n'est pas seul au monde à prêcher dans le désert

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