Des lettres comme ça, Sa Sainteté ne doit pas en recevoir tous les jours. Surtout de la part d'un ordre religieux catholique.

Robert Matthew Festing de l'Ordre de Malte et le Pape François échangent des cadeaux lors d'une audience privée au Vatican en juin 2016
Robert Matthew Festing de l'Ordre de Malte et le Pape François échangent des cadeaux lors d'une audience privée au Vatican en juin 2016 © AFP / GABRIEL BOUYS / POOL

En substance, la lettre disait, il y a quelques jours : "Cher François, sauf votre respect, mêlez-vous de ce qui vous regarde."

Pour l'avoir lu, elle était à peine plus polie. La lettre a été écrite par Matthew Festing, 79ème prince et Grand Maître de l'Ordre militaire souverain de Malte.

Tout l'affaire est contenue dans ce « souverain ». L'Ordre de Malte, qui est grosso modo une ONG caritative, est dotée d'un « souveraineté fonctionnelle ». C'est-à-dire qu'il émet des passeports, comme n'importe quel pays.

L'ordre militaire de Malte entretient des relations diplomatiques avec une bonne centaine de pays et a même un statut d'observateur à L'ONU, comme le Vatican. C'est une sorte de pays sans territoire dont le siège n'est même plus à Malte mais à Rome.

Il y a quelques semaines, M.Albrecht von Boeselager, le n°3 de l'Ordre de Malte s'est fait virer. Sa faute : avoir laissé les médecins de l'Ordre distribuer des préservatifs en Afrique.

Vous avez bien compris : cet homme semble avoir été sanctionné pour distribution de capotes en Afrique. Le continent le plus touché par le Sida. Évidemment, l'Ordre Militaire de Malte nie tout et le Grand Maître a ordonné à ses chevaliers de la boucler.

Sauf que l'affaire ne s'est pas arrêtée là : M.Albrecht von Boeselager, le sanctionné, ne s'est pas laissé faire, crie au complot.

Mal lui en a pris : Sa Très Eminente Altesse – c'est le titre du Grand Maître de l'Ordre de Malte – a donc écrit à Sa Sainteté pour lui expliquer ce que le mot « souverain » voulait dire et le renvoyer à ses encycliques. Pas sûr que François ait apprécié.

Le plus amusant c'est que Sa Sainteté François, qui a tout de même autorité sur tout ce qui est catholique, a essayé d'arranger les choses. Il a nommé une commission d'enquête, histoire de séparer le bon grain de l'ivraie, comme on dit dans les Evangiles.

Une revue de presse Italienne

Le grand quotidien de Turin La Stampa qui barre sa une avec ces mots : « Bolloré pourrait paralyser Mediaset ». Et ce n'est pas n'importe qui le dit, c'est le ministre du développement économique, Carlo Calenda, qui l'explique.

Il est même encore plus explicite : « il faut assister Mediaset face à l'offensive de Vincent Bolloré ». Pourquoi ? « Le risque existe que cette opération ne vise qu'à paralyser la gouvernance d'une entreprise importante dans un secteur sensible ».

Je rappelle que la gouvernance de Mediaset, c'est Berlusconi et que le « secteur sensible » en question, c'est une part importante des médias et de l'édition en Italie. C'est peut dire que l'affaire est suivie de près à Rome.

Enfin, la une de O Globo, au Brésil fait rêver. Une première page barrée d'un chiffre : Rio, 42,3.

42,3° Celsius, évidemment. Dans l'hémisphère Sud, c'est l'été et Rio vient de battre son record de chaleur de l'année avec en plus un ressenti de 47,7°.

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