110,5 millions de dollars : un peu plus de 98 millions d'euros ! Un record, tout simplement. Surtout, un choc pour le petit monde de l'art.

Ce tableau de Basquiat s'est vendu chez Sotheby’s pour 110,5M$. Un record absolu pour un artiste américain
Ce tableau de Basquiat s'est vendu chez Sotheby’s pour 110,5M$. Un record absolu pour un artiste américain © AFP / CORTESÍA / NOTIMEX

Il n'y a que cinq artistes dont les œuvres ont dépassé ce prix : Picasso, Modigliani, Bacon, Giacometti et Munch.

Mais tous ont fait l'objet de rétrospectives dans le monde entier, de centaines d'ouvrages critiques et étaient depuis longtemps dans les manuels d'histoire de l'art avant d'atteindre des sommets dans les salles de vente.

Ce n'est pas de cas de Basquiat qui est mort d'une overdose en 1988 à l'âge de 27 ans et qui n'a pas encore eu sa rétrospective au Musée d'art moderne de New York, le MOMA, ou la Tate Gallery, à Londres. Paris l'a mieux servi, avec une magnifique exposition en 2011.

On entend d'ici les critiques : l'argent roi, la spéculation et les musées incapables de suivre

Et toutes ces critiques peuvent être entendues. D'autant que c'est un milliardaire Japonais qui a emporté le morceau. Mais c'est là que le travail d'un bon journaliste est essentiel. Et ce travail, c'est le New-York Times qui l'a fait ce week-end.

D'abord l'acheteur. Il s'appelle Yusaku Maezawa et il a fait fortune sur internet. Or, il est détesté par la nomenklatura Japonaise. Il se montre sur les réseaux sociaux, il achète de l'art moderne et pas des Impressionnistes, comme il se doit. Un excentrique méprisé.

En somme, acheter un Basquiat, et celui représentait une tête de mort tourmentée par la couleur, est une sorte de doigt d'honneur à cette haute bourgeoisie Japonaise si policée. Ensuite, il y les deux sœurs de Basquiat qui, bien sûr, vivent encore. Elles ont en charge de l'héritage moral et artistique de leur frère et, soyons très clair, elles n'ont pas touché un centime sur cette vente. Pourtant elles disent être « sur un petit nuage ». Parce que par le miracle de ce prix record, leur frère est enfin devenu l'égal des plus grands.

C'est énorme pour un peintre dont la carrière artistique tient en moins d'une décennie : 1980 – 1987. C'est aussi une des explications de ce record : il y a très peu de Basquiat à acheter. Pour elles, c'est 30 années de travail acharné reconnu en un coup de marteau.

Une dernière chose. M. Maezawa, l'heureux acheteur, le milliardaire excentrique japonais, Il va construire un musée pour sa collection. Et lorsque le New-York Times lui demande s'il a l'intention d'acheter d'autres Basquiat, il répond : «J'en ai deux maintenant, vous ne trouvez pas que cela suffit ?» Et moi, j'ajoute que cette réponse, si Japonaise, si « zen » dans l'esprit, et une autre façon, très élégante, très subtile, de renvoyer les spéculateurs à leur misérables calculs.

Une revue de presse Allemande

« L'Europe ne peut plus compter sur les Etats-Unis et la Grande-Bretagne », c'est résumé en peu de mots par la Deutsche Welle, la radio publique allemande le contenu d'un discours assez incroyable de la chancelière Angela Merkel qui par ailleurs ajoute :

« Il est temps que l'Europe prenne son destin en main ». C'est peu dire que ce discours fait déjà des vagues dans la presse, en commençant par la Deutsche Well donc, qui voit Trump, comme un « dangereux représentant de commerce en voyage d'affaires ».

Même ton dans les pages opinion de la FAZ, d'habitude si sage : « Comme PDG de l'entreprise Etats-Unis, Trump est nul, notamment parce qu'il refuse la réalité. Un PDG pareil, n'importe quel Conseil d'administration le virerait sur le champ ».

La Tageszeitung ajoute une pointe d'ironie de gauche : « le fait que Donald Trump présente les Etats-Unis comme victime de la mondialisation est une mauvaise blague. Et pourtant, elle est réussie puisqu'il a monopolisé au G7 l'attention du monde ».

Il y a les raisonnables, comme Die Welt qui rappelle que l'Allemagne est en campagne électorale : soit Angela Merkel fait plier la Maison-Blanche et elle remporte la partie, soit elle pourra dire : "je vous avais prévenu". Dans tous les cas, elle reste chancelière.

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