Adam Catzavelos est un sud-africain blanc. En vacances en Grèce, il a posté sur internet une vidéo vantant les plages hellènes "sans nègres". Mal lui en a pris.

Adam Catzavelos
Adam Catzavelos © AFP / Stringer

C'était hier mardi que l'homme d'affaires sud-africain Adam Catzavelos devait se présenter devant un tribunal de Johannesbourg. Une audience que toute l'Afrique du Sud attendait avec impatience depuis la diffusion, en août dernier, d'une vidéo qui a fait le tour du pays.

Adam Catzavelos est un homme d'affaires blanc. Dans cette vidéo, il se filme affublé d'un chapeau de paille et d'une paire de lunettes de soleil sur une plage en Grèce. On est en été et, ravi de ses vacances, il est enthousiaste et le fait savoir

Le "k-word" sud-africain

Vous avez raison : il ne dit pas "niger", le n-word pour les Américains, mais "kaffir", le k-word pour les Sud-africains, le "mot en k". C'est l'exacte équivalent en terme de caractère insultant, méprisant et raciste du "mot en n" américain.

La vidéo en question a été postée tranquillement par Adam Catzavelos sur son compte Instagram pour ensuite être "fuitée". Elle est devenue virale en quelques jours parce qu'elle coche toutes les cases de la bêtise et surtout du racisme sud-africain.

D'abord, M. Catzavelos passe ses vacances en Grèce alors que l'Afrique du Sud est un pays qui tente de développer le tourisme national. S'il passe ses vacances à l'étranger, c'est parce qu'il en a les moyens. Une évidence pour un blanc sud-africain riche.

Les blancs gagnent cinq fois plus que les noirs

Lorsqu'on est blanc, en Afrique du Sud, on gagne en moyenne 5 fois plus qu'un noir. Une proportion qui a à peine évolué depuis le fin de l'apartheid en 1994. Enfin, il se trouve que l'Afrique du Sud est, en ce moment même, en pleine introspection sur le racisme.

La pays compte 10% de blancs, 10% de "colorés" - comme on dit là-bas, c'est-à-dire de métis ou d'indiens - et 80% de Noirs. Or l'essentiel de ce qui rapporte - terres, agro-business ou même services – est possédé par la minorité blanche sans partage.

Donc lorsque Adam Catzavelos – rejeton d'une famille aisée et employé par elle – se permet d'utiliser le "mot en k", en Grèce, dans un pays étranger que les Noirs sud-africains n'ont aucune chance de visiter, il choque évidemment.

Le racisme ordinaire et la justice

Il a d'abord été viré de l'entreprise familiale qu'il menaçait de ruiner à cause d'appel au boycott. Il s'est ensuite excusé platement, arguant du soleil et de son état alcoolisé. Enfin, devant la justice sud-africaine, il risque plusieurs années de prison pour racisme.

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