De 200 000, le décompte officiel est passé à 316 000 : en cause le manque de test et la sous-évaluation hospitalière.

Le Mexique recompte ses morts
Le Mexique recompte ses morts © AFP / GERARDO VIEYRA / NURPHOTO

Le Mexique est un des seuls pays au monde à admettre officiellement que le nombre de morts dus à la Covid-19 est dans la réalité beaucoup plus élevé que les chiffres publiés par les services de santé de l’État.

Officiellement il y a, au Mexique, un peu plus de 200 000 morts de la Covid19. Le Mexique est donc le troisième pays en nombre de décès, après les États-Unis et le Brésil… mais avec une population très inférieure.

Dans la réalité, ce bilan est encore plus effrayant. Les experts gouvernementaux ont travaillé sur la surmortalité en 2020 et 2021. Ils sont tombés d’accord sur un total de 321 000 morts.

Pour comprendre, il faut expliquer ce qu’est la surmortalité : c’est la différence entre le nombre de morts d’une année normale et celui d’une année pandémique comme l’année dernière ou le début de cette année.

Dans la plupart des démocraties, en France par exemple, cette surmortalité recoupe peu ou prou les chiffres de la pandémie de Covid. Le Mexique est aussi une démocratie et pourtant, la surmortalité est là-bas 60% plus élevée que les chiffres officiels.

Une différence de 60%

Le Mexique est une démocratie mais c’est surtout encore un pays pauvre. Par manque de moyens ou de confiance dans le système de santé, beaucoup de Mexicains âgés ou affectés de co-morbidités sont morts chez eux et ont échappé aux statistiques.

Ensuite, le Mexique a très peu testé et encore moins les morts. Autrement dit, lorsque quelqu’un, même âgé, semblait mourir d’une complication cardiaque, diabétique ou autre, on n’a pas cherché d’autres causes à son décès.

Enfin, ce que montrent aussi ces chiffres, c’est que la deuxième vague de Covid-19, qui a commencé en janvier, a été beaucoup plus mortelle que la première et qu'elle est loin d’être achevée.

400 000 morts en Russie

En général, les démocraties ne trichent pas parce que leurs chiffres sont publics et la presse libre d’enquêter… Mais certaines comptent très mal, comme l’Espagne avec une différence de 20% entre chiffres officiels et surmortalité.

Enfin, il y a les dictatures pour lesquelles tout est politique et secret, surtout les chiffres de santé publique. Le meilleur exemple, c’est la Russie qui, à en croire le décompte officiel, a dénombré un peu moins de 100 000 morts.

Eh bien, en effectuant le même travail que les Mexicains, des épidémiologistes russes ont trouvé une surmortalité de près de 400 000 personnes, quatre fois le chiffre officiel. Mais à la différence du Mexique, ces travaux ne seront jamais officialisés, jamais publiés.