L'annonce d'un reconfinement pour un mois "minimum" n'a pas laissé indifférent nos voisins. Revue de presse.

« Retour à la case départ », le quotidien El País met l’ambiance dès la première phrase d’un long article sur l’intervention du président français et surtout résume parfaitement le sentiment de tous : la résignation ou plutôt « quelque chose comme de l’abattement ».

Ça c’est le quotidien berlinois Tageszeitung qui le précise. Abattement « devant la progression alarmante de la Covid-19 en France » et un choix qui se résume « à la peste ou au choléra », à savoir renforcer le couvre-feu ou décréter un nouveau confinement.

Ce sera donc le confinement et le quotidien ajoute que « certains s’en prennent à ce qu’ils appellent l’échec lamentable des autorités, d’autres, comme l’épidémiologiste Pascal Crépey, en veulent aux Français et à leur comportement irresponsable ».

Et la TAZ poursuit : « à Paris, on ne manifeste pas, comme à Milan ou à Turin hier, mais le scepticisme est généralisé et se traduit par une sorte de résistance silencieuse dans les bars, les cafés, les restaurants ». En France, on résisterait en sortant.

Ou en râlant ! El País a tendu son micro à Christophe Prudhomme, porte-parole des médecins urgentistes, qui ne décolère pas : « Rien n’a changé depuis le Moyen-Âge ? On n’a rien trouvé de mieux contre une épidémie que d’enfermer la population ? »

Ambiance morose dans la presse internationale

Le Washington Post non seulement le remarque mais surtout note le contraste avec le premier confinement : « les gens n’ont plus le cœur à s’enfermer dans leurs appartements trop petits, ni même à se mettre à leurs fenêtres pour applaudir les soignants si courageux ».

« Personne pour chanter des airs d’opéras depuis des balcons parisiens. Les Français et les Européens ont toujours peur de la Covid-19, mais ils ont encore plus peur pour leur emploi. Ils sont tétanisés et de plus en plus en colère et l’expriment de plus en plus. »

La colère, c’est ce qui se dégage a à lire une lettre ouverte publiée par le quotidien italien La Stampa et adressée à Emmanuel Macron et intitulée : « la France me dégoûte, monsieur le président ». Elle est signée par une italienne qui a vécu 20 ans en France. Elle commence par expliquer combien elle aime notre pays, sa culture, l’esprit des Lumières au point d’épouser un Français. Mais elle se sent aujourd’hui trahie et ne comprend pas le manque de sérieux et le cynisme qui a présidé face à la pandémie. Elle s’en prend à l’université où elle enseigne et dénonce une sorte d’omerta qui aurait poussé l’administration à s’intéresser plus au classement de Shanghai qu’à la santé des étudiants et ses personnels universitaires : « Comment enseigner le sens du respect à nos étudiants si l’institution elle-même ne respecte personne. Quand je pense, ajoute-t-elle, que les Italiens croient encore être les derniers de la classe européenne ! ».

Un peu d’espoir tout de même

Il y a ce très bel article que le Guardian de Londres consacre à la librairie parisienne Shakespeare and Company. Un des endroits les plus connus de la capitale et qui, l’année dernière a fêté son premier centenaire. Or, après avoir perdu près de 80% de son chiffre-d ’affaires depuis mars, cette librairie iconique est au bord de la faillite. Elle a donc hier matin, lancé sur les réseaux sociaux une sorte l’appel au secours. Dans l’heure qui a suivi, les commandes ont afflué : « La librairie fréquentée en son temps par Scott Fidzgerald, Ernest Hemingway, TS Eliot et James Joyce a reçu un déluge de soutien, y compris une commande de 1000 € pour trois abonnements d’un coup à sa formule « Une année de lecture ».

L’actuelle propriétaire, Sylvia Whitman, fille de celui qui a poursuivi l’aventure avec James Baldwin, Allen Ginsberg ou Anaïs Nin, s’avoue soulagée et pense désormais que Shakespeare and Company pourra passer au travers de ce nouveau confinement.

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