Dans toute l'Asie, on estime qu'il y en a eu entre 20 et 200 000 de ces femmes, de la Corée à la Chine et passant par l'Indochine et donc les Philippines. Cette statue a été escamotée, c'était vendredi soir, par la municipalité de Manille.

Cette photo prise le 11 janvier 2018 montre la statue commémorative des « femmes de réconfort » de la Seconde Guerre mondiale, qui ont été transformées en esclaves sexuelles pour les troupes japonaises à Manille. Cette statue a été enlevée en Avril
Cette photo prise le 11 janvier 2018 montre la statue commémorative des « femmes de réconfort » de la Seconde Guerre mondiale, qui ont été transformées en esclaves sexuelles pour les troupes japonaises à Manille. Cette statue a été enlevée en Avril © AFP / Noël Celis

Après l'Espagne et les Etats-Unis, voici donc Manille, la capitale des Philippines où depuis décembre trônait sur le front de mer la statue d'une femme aveuglée par un bandeau, le visage tournée vers les ciel, les mains croisées sur la poitrine en signe de protection.

Il s'agissait d'une allégorie pour rendre hommage aux « femmes de confort » philippines, ces prisonnières de l'armée japonaise qui, pendant la Seconde guerre mondiale ont été prostituées au service du bien-être des militaires d'occupation.

Dans toute l'Asie, on estime qu'il y en a eu entre 20 000 et 200 000 de ces femmes, de la Corée à la Chine et passant par l'Indochine et donc les Philippines. Eh bien, cette statue a été escamotée, c'était vendredi soir, par la municipalité de Manille.

Comment la mairie justifie-t-elle ce retrait ?

Officiellement, c'est une simple mise à l'abri, le temps d'effectuer des travaux de drainage. Mais comme aucun travaux n'a été programmé, les associations qui avaient milité pour l'érection de la statue craignent qu'elle finisse dans un entrepôt, ou pire.

Elles le craignent d'autant plus que le Japon n'avait pas directement demandé le retrait de la statue, mais avait exprimé ses « regrets ». Le gouvernement philippin du président Duterte, le populiste, avait d'ailleurs clairement expliqué qu'il la déboulonnerait.

Alors, pourquoi l'avoir fait si vite ? D'abord, le Japon est un des principaux pourvoyeurs d'aides et d'investissements aux Philippines. De plus, le Japon est très susceptible sur le sujet, surtout depuis que Shinzo Abe est au pouvoir. Un Premier ministre japonais très nationaliste...

Mais pas que lui : la ville d'Osaka, a rompu l'année dernière son accord de gémellité avec San Francisco parce que les communautés coréennes, chinoises et philippines de la ville américaine avait édifié une statue toujours en hommage à ces femmes de confort.

Enfin, je voudrais ajouter que la France n'est pas blanc-bleue dans ces affaires de prostitutions pour militaires : on était même en avance dans la région avec les bordels militaires de campagne, les tristement célèbres BMC, notamment en Indochine.

Une histoire de princesse enlevée aux Emirats arabes unis

On part aux Emirats Arabes Unis, pour une histoire de princesse enlevée. C'est cauchemar digne d'un roman policier qu'a vécu la sheikha Latifa, fille du sheikh de Dubaï. Le mois dernier, elle postait sur le net une vidéo dans laquelle elle se plaignait d'être retenue prisonnière à Dubaï.

Entre temps, elle réussissait à fuir les Emirats arabes unis à bord d'un yacht – on est princesse ou on ne l'est pas – avec à bord (ça ne s'invente pas) un Français, un ancien de la DGSE, un certain Hervé Jaubert. Puis, plus de nouvelles.

En fait, on a appris que le yacht en question avait été pris d'assaut par un commando appuyé par un hélicoptère. Une vraie opération militaire à une trentaine de kilomètres des eaux territoriales indiennes. La princesse est donc aujourd'hui au secret à Dubaï.

Mais ce qu'on ne savait pas, c'est l'implication de l'Inde : Narendra Modi, le 1er ministre indien, a laissé parler les intérêts économiques indiens avant son cœur : les Emirats sont un acteur clé pour l'Inde qui a besoin du pétrole et des investissements émirat

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