La guerre froide est finie mais les diplomates américains font toujours l'objet d'une surveillance par les services russes.

Imaginez que vous soyez diplomates... 

Plus précisément diplomates américains. Vous êtes en poste à Moscou... La guerre froide est finie - enfin, théoriquement - mais un des classique de votre vie dans la capitale de la Sainte Russie, c'est ce petit harcèlement banal dont vous faites l'objet de la part de vos amis des services russes.

Quand vous faites des courses, oh comme c'est étrange, vous retrouvez la même personne que celle qui vous suivait hier dans la file d'attente du cinéma, ou la semaine d'avant dans le métro... Rien de bien grave, pas plus que de voir des inconnus se présenter à vos soirées mondaines sans avoir été expressément invités... Et puis régulièrement des journalistes écrivent des articles pas flatteurs sur vous, moyennant une bonne poignée de roubles...

Certes, c'est quand même de la routine pour les diplomates, et ce n'est pas l'apanage des Russes. Mais ce que le Washington Post nous révèle, c'est que ce harcèlement envers les diplomates américains en Russie s'est largement aggravé depuis 2014 et l'intervention russe en Ukraine, qui a mené à la mise en place de sanctions américaines contre l'entourage de Poutine.

Imaginez donc, vous rentrez chez vous, et là, on a bougé vos meubles de place... La télé est allumée... Ou alors, on a laissé des trucs sur votre moquette... Ou pire encore, on tue votre chien ! Ça, c'est ce qui serait arrivé à l'attaché de défense américain sous le premier mandat de Barak Obama.

Tout cela est raconté au Washington Post par un responsable du département d'état.

Le quotidien américain a tenté de vérifier ces informations auprès de l'ambassade de Russie à Washington. Voilà sa réponse : selon lui, ce n'est pas la Russie qui a commencé. Les sanctions américaines visant à isoler la Russie affectent forcément le fonctionnement des relations diplomatiques.

Le responsable russe souligne que les diplomates russes aux Etats Unis font eux aussi face à "certains problèmes aux Etats-Unis". Et qu'en diplomatie, on applique le "principe de réciprocité". Avant de conclure, "la Russie n'a jamais agi délibérément pour porter atteinte aux diplomates américains, d'aucune façon"... Voilà, on ne reconnaît pas, on ne nie pas non plus... Au moins chacun est prévenu.

Dans la presse internationale, le pays qui domine l'actualité, après la Grande Bretagne qui veut sortir de l'Europe, c'est la Turquie, lourdement frappé par un attentat avant hier...

Les attentats, en un an, la Turquie en a connu près d'une douzaine... et ce n'est probablement pas fini soupirent tous les éditorialistes de Turquie et d'ailleurs.

Dans une tribune au New York Times, le turc Mustafa Akyol le rappelle, depuis un an, la Turquie - qui a été longtemps accusée de laxisme - bel euphémisme - envers les groupes islamistes armés. la Turquie est donc dans le collimateur des djihadistes. Depuis qu'elle laisse les avions américains décoller pour leurs raids depuis leur base située dans le Sud de la Turquie. La Turquie est fragile aujourd'hui souligne -t-il. Le pays est vulnérable, il est polarisé en interne, isolé en externe.

Pour Erdogan, tout ça, c'est le résultat d'un complot international bien sûr, pas question d'envisager que ce soit lié une seconde aussi à sa politique faite de rigidité, d'autoritarisme et de division...

Pour le quotidien turc Hurriyet, cette attaque intervient au moment où la Turquie commence à peine à essayer de sortir de son isolement, rapprochement avec Israël, rapprochement aussi avec la Russie - on part de loin il faut se souvenir quand même qu'il y a quelques mois la Turquie a abattu un avion russe.

Bref c'est l'heure de vérité pour Erdogan qui va débat avec ses ambiguïtés.

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