Ce qui gène depuis quelques jours le président Erdogan, ce ne sont pas les stades en eux-mêmes...

C'est le mot « arène » ou plutôt « arena » en Anglais. Un mot que l'on connait bien en France, puisqu'il sert de plus en plus à se substituer tel quel à nos bons vieux stades qui visiblement ne font plus assez modernes. En Turquie, c'est pareil : les clubs de foot de Besiktas et Galatasaray l'ont adopté sans discussion. Fenerbahce l'a aussi adopté pour sa toute nouvelle salle de basket. Mais pour Erdogan, ces arènes sportives, c'est décidément trop gréco-romain et pas assez ottoman, donc Turc, à son goût. Parce que ce n'est pas l'anglicisme qui le gène, c'est le paganisme.

La Turquie était Grecque et Romaine bien avant d'être ottomane

Evidemment, la Turquie est même un immense champ archéologique à ciel ouvert. On y trouve quelques unes des merveilles de l'Antiquité gréco-romaine, depuis les ruines de Troie jusqu'à l'antique Ephèse. Mais pour lui, tout ça c'est plus ou moins de la barbarie.

Que dit-il de ces « arènes » antiques : que c'était des lieux où l'on venait grosso modo voir les des spectacles sanglants d'embrochages de gladiateurs et de prisonniers. Et que les Ottomans, et en particulier l'Islam apporté par eux, à mis fin a cette pratique.

Voilà ce qu'il a en tête : avant l'Islam ottoman, la Turquie n'était qu'une tourbe barbare où l'on s'entretuait dans des spectacles barbares, où l'on adorait de faux dieux, où la Turquie n'était pas elle-même. Pas question d'y revenir par le basket ou le foot.

Ce n'est pas la première fois qu'il fait référence à l'empire ottoman. C'est même une obsession ! Tenez hier, 1.453 camions se sont présentés sur le chantier du futur troisième aéroport d'Istanbul. D'abord pour battre un record Guinness. Mais surtout : 1453, c'est la date de la chute de Constantinople, devenue depuis l'Istanbul ottomane.

La poignée de main entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron à la une de la presse

Ce n'est pas moi ! C'est toute la presse internationale qui en ce moment passe sont temps à lire dans les poignées de mains des grands de ce monde. Prenez le Washington Post ce matin, par exemple, à la rubrique analyse de l'actualité mondiale on a ce titre : « la poignée de main Poutine-Macron que le monde attendait » ! Littéralement ! Eh puis ensuite, je me suis dit qu'il devait y avoir un fond d'ironie dans ce titre, tel que je connais les journalistes Américains.

Une ironie plus ouverte cette fois que l'on retrouve dans les pages de Kommersant. La journaliste du quotidien russe rapporte les inquiétudes de ses homologues français qui assistait à la rencontre : « comment vous la trouvez, vous, la poignée de main ? »

Certains l'ont décrite atone et banale, ce qui signifie qu'on est encore loin du réchauffement espéré des relations entre nos pays. Pas du tout, répondait un autre : "elle a été virile et prononcé : les discussions seront donc rudes et sans concessions !"

Dans le Guardian de Londres, on passe même à l'analyse historique : « la poignée de main a été instituée afin de prouver que les deux hommes qui la pratiquaient étaient désarmés. Donald Trump a réécrit cette règle : pour lui, elle est une arme ».

« Pour Trump, serrer la main de quelqu'un est moins un geste de paix qu'une déclaration de supériorité. Maintenant, grâce au nouveau président Français, on a la confirmation que le reste du monde a décidé de contre attaquer ».

Et Maureen Dowd dans le New-York Times ajoute : « Donald Trump n'a rien d'un dur, c'est même un faux-dur. Certes, les héros américains exsudent la force brut mais pour mieux sauver et servir les autres, pas les exclure ou les briser ».

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