Teodorin Obiang n'a d'autres qualités que d'être le fils préféré du dictateur de Guinée équatoriale. Seules ses dépenses somptuaires étaient remarquables jusqu'à ce que les justices suisse, française et brésilienne s'en mêlent.

Une Lamborghini Veneno Roadster, lors de sa présentation à Las Vegas en 2014
Une Lamborghini Veneno Roadster, lors de sa présentation à Las Vegas en 2014 © AFP / Joe Klamar

Direction la Suisse, pour une vente aux enchères exceptionnelle : 25 voitures de grand luxe vendues ce week-end pour un total de près de 25 millions d'euros pour une estimation totale d'un peu plus de 16 millions d'euros. Il faut dire que les voitures étaient dans un état exceptionnel : 

  • la Lamborghini blanche et crème Veneno roadster de 2014, par exemple : un des neuf exemplaires jamais construit et seulement 325 kms au compteur ! 7 millions et demi d'euros.
  • Une Ferrari Enzo jaune canari partie pour près de 3 millions d'euros ; 
  • ou encore la Koenigsegg One1, une suédoise celle-là, négociée à plus de 4 millions d'euros. Une affaire !

La Guinée équatoriale, une éponge à pétrole

Le plus intéressant, c'est le propriétaire : Teodorin Obiang, le fils préféré de Teodoro Obiang, le président de Guinée équatoriale. Procédons par ordre.

La Guinée équatoriale, coincée entre le Cameroun et le Gabon est une éponge à pétrole. Avec un PIB par habitant de plus de 20 000 $, c'est a priori le pays le plus riche du continent.

Depuis 40 ans, il est dirigé par Teodore Obiang qui a mis à son service et à celui de ses proches la fortune du pays. Son fils, Teodorin, en a bien profité, tellement que la justice suisse, mais aussi française et brésilienne, a fini par tout saisir.

Cash et montres de luxe cachés dans un yacht

En France, c'est plus de 100 millions d'euros qui ont été saisis par la justice et Teodorin, notre fils à papa dictateur, a écopé de trois ans de prison avec sursis. Au Brésil, c'est un yacht avec de 14 millions d'euros en cash et montres de luxe qui a été saisis.

Est-ce que ça a nuit au fils du dictateur ? Non, bien sûr. Il a été nommé vice-président du pays, pour être bien certain qu'il n'ai rien à craindre des justices étrangères.

A sa décharge, il n'est pas le seul dans la région, riche en pétrole, à avoir accaparé la ressource nationale : au Congo, la famille du président Sassou Nguesso est accusée de détournements massifs. Sans même parler du Gabon, mis en coupe réglée par les Bongo.

La population ne voit pas la couleur des pétrodollars

Quelques exemples : pour aller de l'aéroport à la capitale, Malabo, il existe une 4x4 voies impeccable. Mais par contre les banlieues résidentielles, elles, n'ont jamais vu l'asphalte.

Tout est à l'avenant : université dernier cri, elle vient d'être inaugurée, dans un pays dont le taux de scolarisation se situe entre le Soudan et la Libye. Hôpital central rutilant mais un des taux de vaccination les plus bas du continent et même du monde !

Le symbole de cet infect accaparement mêlé de gabegie s'appelle le Grand Hôtel Djibloho : 120 000 m², 442 chambres, 50 bungalows, 120 000 m², le tout pour 320 millions d'euros payé rubis sur l'ongle par l'Etat. Taux d'occupation : 5% !

Au fait, le produit de la vente suisse des supercars de Teodorin iront à une ONG qui s'intéresse, elle, aux 1,2 million de Guinée-équatoriens.

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