Le Sheikh Sabah du Koweït est décédé et c'est un diplomate de la vieille école qui disparaît. Avec, pour ses successeurs, la question du moment à régler : faut-il ou non reconnaître Israël ?

Le Sheikh Sabah du Koweït est décédé et c'est un diplomate de la vieille école qui disparaît. Avec, pour ses successeurs, la question du moment à régler : faut-il ou non reconnaître Israël ?
Le Sheikh Sabah du Koweït est décédé et c'est un diplomate de la vieille école qui disparaît. Avec, pour ses successeurs, la question du moment à régler : faut-il ou non reconnaître Israël ? © Getty / Aleksandar Milosavljevic / EyeEm

Le Koweït a perdu son émir. Je sais d’avance ce que vous pensez : encore une affaire de tête couronnée ! Pourtant, il en est de plus importantes que d’autres et la mort du Sheikh Sabah al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah fait partie de ces décès royaux qui sont aussi des évènements majeurs.

D’abord, sa mort n’a rien d’une surprise : le Sheikh Sabah avait 91 ans et était « en convalescence » depuis juillet. Pile le temps qu’il faut pour préparer sa succession en douceur : en l’occurrence le nouvel émir est son demi-frère, le Sheikh Nawaf.

Petit détail : les successions dans les dynasties du Golfe ne se font généralement pas de père en fils : c’est un conseil de famille – en l’occurrence la famille Al-Sabah – qui désigne un successeur et plus généralement un frère cadet qu’un fils aîné.

Le Koweït, petit par la taille, grand par la diplomatie

C’est vrai qu’à regarder les chiffres, le Koweït c’est grand comme deux fois la Corse avec une population de 4 millions de demi d’habitants dont à peine un tiers est koweïtien. Mais c’est une éponge à pétrole : la 6e réserve prouvée d’or noir au monde !

Ensuite, le Koweït est, certes, petit par la taille, mais grand par la diplomatie. Et ce, précisément, grâce à l’émir Sabah. Un homme dont la seule passion était les relations internationales et qui a servi d’intermédiaire dans presque tous les conflits régionaux.

C’est à lui que l’on doit la résolution en 2014 d’un 1er conflit entre le Qatar et ses voisins. Le Koweït – avec Oman d’ailleurs – est le pays de l’équilibre géopolitique. Le petit poucet en qui Iraniens, Saoudiens et Américains ont confiance.

Des milliers de soldats américains

Une quinzaine de milliers précisément. C’est l’héritage de la 1ère Guerre du Golfe en 1991 et aussi très pratique pour surveiller l’Irak sans avoir besoin de troupes sur place. D’ailleurs, c’est à Washington que se joue le prochain chapitre de l’Histoire du Koweït :

Le 15 septembre, à Washington, les Émirats Arabes Unis, le Bahreïn et Israël ont signé leur reconnaissance mutuelle. C’est la grande affaire diplomatique de Donald Trump. Or, ajouter le Kuweït à la liste serait une sorte de cerise sur le gâteau.

Le Koweït a toujours été perçu comme le plus pro-palestinien des États du Golfe. Cette ligne était celle du Sheikh Sabah. Il semble que le nouvel émir soit sur la même ligne et que, donc, une reconnaissance par le Koweït d’Israël ne soit pas à l’ordre du jour.

Sauf qu’il a 83 ans le nouvel émir... avec en plus une santé fragile. En clair, c’est un émir de transition – comme on dit un pape de transition. La prochaine génération, elle, est plus israélo-compatible et Washington ne s’y est pas trompé : le fils aîné de l’émir décédé était encore la semaine dernière à Washington.

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