C'était il y a 5 ans, le 31 août 2015. Angela Merkel venait d'annoncer que son pays ouvrait grand ses frontières aux dizaines milliers de réfugiés qui se pressaient sur la route des Balkans et devant un parterre de journalistes, elle prononçait ces mots : « wir schaffen das », « nous y arriverons ».

La chancelière allemande Angela Merkel pendant sa conférence de presse à Berlin, le 31 août 2015
La chancelière allemande Angela Merkel pendant sa conférence de presse à Berlin, le 31 août 2015 © AFP / JOHN MACDOUGALL

C'était il y a 5 ans, le 31 août 2015. Angela Merkel venait d'annoncer que son pays ouvrait grand ses frontières aux dizaines milliers de réfugiés qui se pressaient sur la route des Balkans et devant un parterre de journalistes, elle prononçait ce « wir schaffen das », « nous y arriverons », qui est désormais entré dans l'Histoire et est même devenu la phrase signature de la chancelière allemande. Quelques jours plus tard à peine, plus de 20 000 réfugiés entraient en Allemagne par la seule gare de Munich.

On se souvient tous des images : des enfants à qui les Allemands tentaient des peluches, des centaines de migrants applaudis à leur sortie des gares de toute l'Allemagne. Un pays entier qui faisait honneur à sa « willkommenKultur », sa « culture de l'accueil ».

Cinq ans plus tard : les Allemands y sont-ils arrivés ?

Faisons donc ensemble un premier bilan d'étape : l'Allemagne a accueilli entre 2013 et 2016 un total d'un million et demi de réfugiés et migrants. Pour la plupart, des hommes jeunes venue du Moyen-Orient : Syrie, Iraq, Afghanistan.

Or, cinq ans plus tard, près de 70% d'entre eux sont, soit employés - et paient donc des impôts - soit en formation. Mieux encore, 10 000 d'entre eux maîtrisent suffisamment l'Allemand pour avoir intégré les excellentes universités gratuites de notre voisin.

Mais le chiffre le plus impressionnant est la participation de l'ensemble de la société allemande à leur intégration. On estime en Allemagne que la moitié de la population a de près ou de loin travaillé, accueilli ou aidé des migrants et des réfugiés. C'est colossal.

L'extrême-droite allemande en berne

C'est vrai que le parti Alternativ für Deutschland, l'AfD, s'est engouffré dans la brèche, aidé par la vague attentats qui a touché toute l'Europe : en 2016, 7 attaques terroristes ont touché l'Allemagne dont celle du marché de Berlin en décembre de cette année-là.

Dans les années qui ont suivi, tout ce que l'Europe et le monde compte de populistes a reproché à Angela Merkel son fameux « wir schaffen das ». Dont Donald Trump qui, en janvier 2017, parlait de cette générosité comme d'une« erreur catastrophique ».

Mais cinq années ont passé, Angela Merkel a retrouvé une solide popularité et les Farage britanniques, Salvini italiens et... peut-être Donald Trump dans quelques semaines, goûtent aux sondages en berne et au mépris pour leurs fanfaronnades sur la Covid19.

Quant à l'Afd, il a fait son meilleur score national aux élections de 2017 avec 12,6% des voix et près d'une centaine de députés au Bundestag. Mais de 3e parti d'Allemagne, il chute en ce moment à la 4e place et se noie dans les divisions internes. Alors souhaitons ensemble un bon « wir schaffen das » à l'Allemagne et à sa chancelière.

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