Venise vient d’apprendre qu’elle pourra bientôt imposer une taxe d’entrée de 2,5 à 10€ en fonction de la saison.

Il faudra bientôt débourser entre 2,5 et 10 euros par personne pour entrer dans Venise
Il faudra bientôt débourser entre 2,5 et 10 euros par personne pour entrer dans Venise © Getty

Il y avait déjà une taxe de séjour à Venise mais rien pour les touristes d’un jour qui arrivent en bateau lorsqu'on choisit le « tour d’Italie » en 8 jours, comme beaucoup d’Asiatiques. Bref, l’Italie est « malade » de son tourisme et tente de trouver des solutions.

Le parlement italien vient d'approuver – c'était hier par le biais d'un amendement de dernière minute à la loi de finances – un ticket d'entrée pour Venise.  Comme pour entrer au musée, il vous faudra débourser entre 2,5 et 10€ par personne pour simplement entrer dans la Sérénissime. Ce qui, pour nous deux, fera 20€, puisque nous sommes en haute saison... Noël et le jour de l'an à Venise, c'est si romantique.  Et c'est une vraie victoire pour les 250 000 Vénitiens qui se battaient pour et qui vont pouvoir encaisser entre 30 et 50 millions d'euros à l'année avec cette mesure. Autant d'argent qui sera dépensé à mieux aménager la ville, à la rendre plus vivable pour eux ! 

Il n'y avait pas déjà une taxe de séjour à Venise ?  

Si bien sûr. Mais la taxe de séjour ne concernait que ceux qui prenait un hôtel et passait donc plus d'une nuit sur place. Or ces touristes là ne représentent qu'un tiers des 30 millions de visiteurs étrangers à la ville : les autres y séjournent moins de 24h.  Les autres se sont, par exemple, ceux qui arrivent dans ces énormes bateaux de croisière, qui accostent pour quelques heures non loin du Grand Canal, qui déversent en une fois des milliers de touristes et qui, ensuite, repartent pour d'autres aventures.  Or, ces 20 à 23 millions de touristes-là, en comptant par exemple les Asiatiques qui visitent l'Europe en 8 ou 10 jours, utilisent les mêmes infrastructures que les autres et ne payaient rien jusqu'à présent. C'est donc fini : tout le monde à la caisse.  

Ça ne résoudra pas les problèmes posés par le tourisme de masse

Non, mais ça permettra au moins de payer l'entretien et les réparations ! D'ailleurs, l'idée de taxer à l'entrée d'un site touristique à la dimension d'une ville n'est pas neuve en Italie : les îles Eoliennes et l'îles d'Elbe ont déjà mis en pratique le concept.  Il y a aussi les cinq villages rassemblés dans ce qu'on appelle en Italie les Cinque Terre. Cinq villages somptueux accrochés à flan de falaise et uniquement reliés par un chemin de contrebandier. Une merveille qui a eu le malheur d'apparaître sur tous les guides.  En quelques années, le petit chemin qui sent non pas la noisette et le thym et l'origan est devenu une véritable autoroute à touristes à pied. Les villages ont été débordés. Il a fallu instaurer un système de billets réservés à l'avance et en limiter la vente. 

Il n'y a pas que l'Italie qui est affectée par le tourisme de masse

Bien sûr, l'Espagne, la France... toute l'Europe est touchée. Mais la géographie et l'histoire italienne rendent la situation particulièrement délicate. Tenez, par exemple, il y autant de touristes qui visitent Venise que Paris.  Saud que l'une est une ville de 250 000 habitants entourée de canaux, de ponts et de placettes et de palais construits sur l'eau d'une lagune alors que l'autre et une ville capitale de 2 millions d'habitants avec deux aéroports, des gares et un arrière pays.  On l'oublie toujours mais l'Italie presque moitié plus petite que la France avec en son centre et au nord, deux massifs montagneux, les Apennins et les Alpes qui réduisent encore la surface visitable. En clair, en Italie, le tourisme de masse est une catastrophe.

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