De mi-décembre à fin janvier, pendant ses vacances, il « part avec l’Etat » comme l’expliquent ses ministres. C’est-à-dire qu’aucune décision n’est prise. Rien. Nada.

Une lampe-torche à l'effigie du président du Zimbabwe, Robert Mugabe. BULAWWAYO, octobre 2015.
Une lampe-torche à l'effigie du président du Zimbabwe, Robert Mugabe. BULAWWAYO, octobre 2015. © Getty / Mary Turner

Depuis la mi-décembre, Robert Mugabe, qui préside son pays d'Afrique australe depuis plus de 37 ans et qui, à bientôt 93 ans, est le plus vieux chef d'Etat en exercice est donc en vacances.

Cela n'a rien d'exceptionnel. Cela fait des années que le rituel est le même: à la mi-décembre le président Mugabe s'envole avec toute sa famille dans Air Zimbabwe One, l'avion présidentiel, pour l'Asie. La seule chose qui a changé c'est la destination. D'abord c'était Londres, puis il a essayé la Malaisie, Hong-Kong, a fait quelques séjours à Dubaï pour finalement se fixer sur Singapour, qui a plusieurs avantages: on y parle anglais, on y trouve d'excellents restaurants japonais et surtout, de très bons hôpitaux, au cas où...

Et comme on ne refuse rien au Président et à sa famille en partance, avant de s'envoler, il emporte avec lui 4 millions de dollars pour le transport et 6 millions en frais de bouche, le tout en liquide et prélevé sur le Trésor public Zimbabwéen.

Et pendant ce temps, au Zimbabwe, il ne se passe absolument rien. Pas de conseils des ministres, pas de décisions graves et surtout, pas de sous pour les fonctionnaires. Par exemple, le traitement de décembre de la Fonction publique n'a été payé que mi-janvier. Mais pas les bonus de fin d'années qui attendront le retour et la signature du vieux Président. Même les enterrements officiels doivent attendre. Parce que pour être enterré dans le carré des héros nationaux à Hararé, il faut l'accord du président Mugabe.

Pas de Président, pas d'enterrement: c'est comme ça qu'un compagnon de route de Mugabe a attendu deux jours dans un frigo que l'on puisse joindre le président. Parce qu'en plus de ne pas être là presque deux mois, personne ne sait où il séjourne.

  • Une revue de presse aux Etats-Unis

Toujours Trump, toujours ses ordonnances, toujours l'effarement et la colère à la une des grands quotidiens américains qui semblent toujours à la traîne d'une actualité que le président a décidément voulu fracassante.

L'édito du New York Times a trouvé non pas un mais deux présidents des Etats-Unis : il est titré « président Stephen Bannon » du nom du conseiller spécial de Donald Trump, militant d'extrême-droite, et qui serait l'auteur de la séquence politique actuelle.

La meilleure preuve de l'influence de celui qui n'était encore il y a quelques semaines que le dirigeant d'un site complotiste sur Internet, toujours selon le New York Times, est sa nomination surprise au sein du conseil de défense restreint présidentielle.

Cela fait de lui une sorte de « président de facto ». Le Washington Post, pour sa part, rapporte l'effroi des Républicains à l'idée que le président Trump serait tout simplement en train de dérouler son programme électoral.

Ces huiles du parti républicain s'étaient rassurés, explique le Post, en se disant, selon une formule qui a beaucoup couru à Washington, qu'il « fallait prendre Donald Trump sérieusement mais pas littéralement ». Erreur fatale! Maintenant, conclut le quotidien, « ils ont regardé ailleurs pendant toute la campagne et aujourd'hui ils doivent se rendre à l'évidence : ils ont un problème, comme nous tous d'ailleurs ».

A la une des quotidiens canadiens ce matin, c'est l'émotion. J'ai relevé cet édito du quotidien québécois Le Devoir intitulé « les responsables » : « Qui sont-ils ? Certains parleront de Trump, des radios d’opinion, des partisans de la laïcité ». Mais le quotidien ajoute :

« Les responsables sont les individus qui les ont posés. Personne d’autre. Aucun individu ni idéologie les ont forcés à agir ainsi. Trouver des raisons extérieures équivaut à trouver des « excuses » à ces criminels, et cela nous fait tomber dans le piège des amalgames ».

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