Elles ont 25 ans et plus et ne sont pas encore mariées. En Chine, c'est un problème d'autant plus aigu en cette période de festival du Nouvel an chinois où les familles sont sensées se retrouver.

Les "femmes délaissées" en Chine
Les "femmes délaissées" en Chine © Getty / d3sign

C'est un des moments forts de l'année chinoise et surtout, une des rares occasions pour les Chinois de prendre des vacances : le Nouvel an lunaire. La tradition est immuable : pendant cette semaine de congés qui commencent demain, les enfants doivent aller voir leurs parents.

Ça signifie que des centaines de millions de Chinois vont sillonner le pays en train et en car pour rejoindre leur village natal. C'est simple : le nouvel an chinois est la plus importante transhumance humaine au monde et de loin.

Une transhumance qui se mesure tous les ans en nombre de voyages effectués et de billets de trains achetés. Vous voulez les chiffres pour 2018 ? Pour 2018, il s'est vendu 390 millions de billets de trains et les Chinois ont effectué trois milliards de voyages.

Les "femmes délaissées" et la richesse de la Chine

Mais pour ce que les Chinois appellent les « femmes délaissées ». Qui sont-elles ? Ce sont les femmes entre 25 et 30 ans qui ne sont pas encore mariées. Or en Chine, comme dans toute l'Asie d'ailleurs, les femmes non mariées sont mal vues.

En France, on a connu les Catherinettes, mais en Chine la pression sur les femmes est d'autant injuste qu'elle ne pèse pas sur les hommes. Or, le nombre d'hommes est en Chine supérieur à celui des femmes de 33 millions.

Comment expliquer ce phénomène ? C'est simple comme la richesse de la Chine : la classe moyenne a explosé en Chine et, avec elle, le nombre de femmes qui privilégient leur travail et qui, comme en Europe, repousse l'âge du mariage et celui du 1er enfant.

La natalité, un problème d'Etat

15,2 millions de naissance en 2018. Ça paraît énorme, comparé aux 770 000 naissances annuelles en France. Mais pour la Chine, c'est alarmant : c'est 2 millions de moins qu'en 2017 et loin de l'objectif officiel de 20 millions de naissances annuelles.

Et ce, alors que la Chine a renoncé depuis plusieurs années maintenant à sa politique de l'enfant unique. Alors pour forcer le destin et la nature, certaines entreprises chinoises font preuve de trésor d'imagination pour inciter les collaboratrices à convoler.

Deux entreprises qui gèrent un parc d'attraction au sud de Shanghai, à Hangzhou, ont décidé d'offrir 8 jours de vacances supplémentaires à leurs employées célibataires de plus de 30 ans, surtout autour du Nouvel an, propice aux rencontres arrangées.

Sexisme, classe moyenne et modernité

Surtout lorsqu'on sait que ces vacances « extras » sont appelées « congés amoureux » par les patrons de ces entreprises. Dans la même ville de Hangzhou, un complexe scolaire offre aussi 2 jours et demi de congés supplémentaires par mois.

Ils appellent ça des « congés d'amour » et ça a semblé d'autant plus urgent que 40% des professeures de cet établissement sont célibataires. En fait, la Chine est sorti très vite du sous-développement. Or, la Chine traditionnelle est encore très présente :

C'est celle des parents, alors que pour leurs enfants se posent déjà tous les problèmes et aussi les avantages de la modernité : éducation supérieure et travail qualifié des femmes, donc égalité entre les sexes, donc contrôle des naissances.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.