Par Antoine Giniaux

Aux Etats-Unis, c’est un peu le film Minority Report , mais pour de vrai...

Avec un algorithme qui détermine si vous avez une chance de basculer un jour dans la violence, et s’il faut vous surveiller.

Imaginez-vous au rez-de-chaussée d’un petit pavillon de banlieue, à Chicago. Il est 9h du matin, la sonnette retentit. Derrière la porte, vous trouvez un officier de police, avec ce message : " Vous êtes sur la liste des gens qu’on surveille. Si vous commettez des crimes, il y aura des conséquences majeures ". Cette histoire, c’est celle de Robert McDaniel, relatée par la Tribune de Chicago . Robert a 22 ans, il n’a aucun casier judiciaire, aucun passé de délinquant, il a juste quitté le lycée sans diplôme, comme beaucoup de ses copains du quartier. Et pourtant, il fait partie des 400 habitants de la ville placés depuis 3 ans, sous monitoring et qui servent de cobayes, a l’échelle des Etats-Unis, pour tenter d’enrayer les crimes, avant qu’ils se produisent. L’idée date en fait de 2009, bien avant le film Minority Report de Steven Spielberg. A l’époque, l’Institut National pour la Justice offre 2 millions de dollars à la police de Chicago, pour exploiter la base de données qu’elle est en train de constituer sur une série de suspects et de crimes. Ce qui est intéressant, c’est que les autorités viennent de s’en servir de manière très concrète, il y a quelques jours.

Eddie Johnson, chef de la police, lance une opération anti-drogue et anti-armes, en arrêtant 140 suspects. 80 % d’entre eux sont répertoriés sur la liste générée par les ordinateurs. En parallèle, la police publie ses statistiques : depuis le début de l’année les armes à feu ont fait 250 morts et 1150 blessés. La plupart de ces victimes figurent également dans le fichier. Et c’est là toute la controverse. Robert Weisberg, professeur de droit à l’université de Stanford, parle de méthode « globalement efficace pour réduire la criminalité ». Les associations de défense des droits individuels, elles, posent une question : quels sont les critères utilisés pour déterminer qui sont les potentielles victimes, et les aggresseurs en puissance ? L’âge, le milieu social ? des critères ethniques ? Aucune réponse... Le concepteur du code informatique Miles Wernick, de l’institut de technology de l’Illinois ne veut donner sur le sujet aucune indication, et aucune réponse.

En Belgique, une grève générale des services publics

La coupe est pleine, "de maat is vol". Voila ce qu’on peut lire sur les banderoles des manifestants, la photo est sur le site du quotidien Le Soir. Une grève pour protester contre l’autre loi travail, de l’autre coté de la frontière.Nous avons le texte El Khomri. Les belges ont la loi Peeters.

La réforme permettrait- là aussi- d’allonger la durée du temps de travail. La semaine passerait de 38 à 45 heures. Et la Libre Belgique fait le point : les écoles, les hôpitaux, la poste, les administrations locales, les aéroports. L’ensemble du service public est perturbé, ce matin. Mais les journaux relèvent aussi les disputes, la mésentente entre les syndicats, et les étudiants.

Pas question de parler de convergence des luttes. Les jeunes s’inquiètent surtout de ne pas pouvoir prendre le train ou le bus pour aller passer leurs examens. Dissentions, aussi, entre syndicats francophones, très virulents, alors que les leaders syndicaux de flandre semblent chercher le compromis. De fait, le mouvement mobilise moyennement la population. 17.000 signatures pour la pétition en ligne : le chiffre reste faible comparé aux 1 340.000 signataires de la pétition en ligne contre la loi El Khomri. Différence aussi dans la méthode, vis-à-vis de la France , rappelle le quotidien Le Soir .

Avec des négociations branches par branche.. Pour le moment le seul accord trouvé porte sur les effectifs de gardiens de prison, qui seront revus a la hausse. « J’ai utilisé le dialogue, explique le ministre de la justice, je n’ai pas l’ambition de laisser pourrir la situation.»

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