Le sort du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy se décide en ce moment, au congrès fédéral espagnol. Une motion de censure sera-t-elle votée demain après-midi ? Motion déposée par le socialiste Pedro Sanchez, qui n’avait que peu de chances d’aboutir en début de semaine. Que nous dit cette motion ?

L’Espagne est politiquement figée, est ingouvernable, le moindre petit grain de sable suffit à bloquer le gouvernement mais là c’est carrément toute la Concha, la célèbre plage de San Sebastien, qui s’est déversée dans la chaussure de Rajoy. Un scandale de corruption, la condamnation par la justice d’une douzaine de cadres et d’élus du Parti Populaire, la révélation de l’existence d’une caisse noire, d’un « authentique et efficace système de corruption institutionnel via la manipulation de marchés publics » comme l’affirment les jugent espagnols.

Sentence nette et sans équivoque.

Une condamnation cumulée à plus de 350 ans de prison pour ces représentants de la droite conservatrice espagnole. Dans une affaire de corruption qui colle aux basques du Parti Populaire espagnol comme le sparadrap au doigt du capitaine Haddock.

Rembobinons un peu

Rajoy résiste depuis de nombreuses années. Avant même qu’il n’accède au pouvoir, les premiers documents ont été rendus publics. En 2009. Ces révélations ont notamment conduit à cimenter le mouvement des indignés, en 2011. 

En pleine période de crise et de récession pour l’Espagne, elles ont cristallisé le rejet, le dégoût de la vieille politique à papa, des partis traditionnels, scénario disons plutôt classique ces temps-ci et pas seulement en Espagne.

Depuis presque dix ans et le début de l’enquête menée par le juge Garzon, vous savez celui qui était parvenu à extrader le chilien Pinochet, depuis presque une décennie les mauvaises odeurs remontent à chaque échéance électorale ou simplement à chaque fois que l’on doit voter en Espagne. 

Pour les élections générales (deux fois en 2015 puis en 2016 faute de majorité) et aujourd’hui pour décider, ou non, de la défiance à l’encontre du Premier ministre conservateur. A chaque fois c’est la même histoire, on compte les voix.

Et qui tient les comptes ? Quelles sont les voix qui s’avèrent décisives lorsque le temps se gâte. Et bien celles des partis indépendantistes, les Catalans et les Basques

Les partis indépendantistes tiennent leur revanche avec cette motion ?

Ou qu’elle leur fournit en tout cas des arguments, des munitions, pour remporter des batailles essentielles pour eux. 

On parle là de vingt-quatre députés sur 350, notamment les cinq élus du Parti Nationaliste Basque.

Ce club des cinq a déjà mis tout son poids dans la balance le mois dernier. Pour le vote sur le projet de loi budgétaire c’était cette fois en faveur de Rajoy, en obtenant 15 millions d’euros d’avantages fiscaux supplémentaires pour la région Basque. Ils renversent la vapeur aujourd’hui en annonçant qu’ils voteraient en faveur de cette motion qui condamne Rajoy et consacre le socialiste Pedro Sanchez.

Ce sont donc les députés catalans qui porteront ou non le coup de grâce demain toujours en s’assurant.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.