Le projet est devenu le symbole de l'injustice sociale.

Cycliste le long du tarmac de l'aéroport de Johannesburg
Cycliste le long du tarmac de l'aéroport de Johannesburg © Getty / Bloomberg

Vous serez tous d'accord pour dire qu'aménager des pistes cyclables, ça fait partie des lieux communs de tous les candidats à une élection municipale.

A Paris, par exemple, dans son programme de candidate, Anne Hidalgo a promis de doubler le nombre de kms de pistes cyclables à l'horizon 2020. Mais toutes les capitales pratiquent la même politique depuis une dizaine d'années : du vélo, du vélo et du vélo ! C'est moderne, ça fait faire de l'exercice aux citadins et ça réduit automatiquement la place de la voiture. Il n'y a pas grand monde pour s'y opposer. Mais ça, c'est pour nous autres citoyens de pays riches.

Certes, on fait aussi du vélo dans les pays en voie de développement. La bicyclette est même devenue consubstantielle à certains pays d'Asie ou d'Afrique. On en voit partout. Même si, dès que ces pays deviennent plus riches, c'est la voiture qui reprend la main, comme en Chine.

Mais l'affaire se complique en Afrique du Sud. Prenez Johannesburg par exemple, la plus grande et la plus riche des villes sud-africaine. C'est le cœur économique du pays et aussi une ville très ouverte sur le monde.

C'est aussi une ville très blanche : un quart de la population de Johannesburg est blanche contre moins de 9% pour tout le pays. Or les Blancs sud-africains plutôt aisés rêvent, comme tous les citadins du monde riche, de pistes cyclables impeccables.

Or à Johannesburg cette exigence est devenue le symbole de l'injustice sociale. Pourquoi gaspiller de l'argent public pour des pistes cyclables pour Blancs alors que les banlieues pauvres et noires manquent de tout à l'égout ou même de routes tout court ?

On doit avouer que cet argument est assez imparable. C'est d'ailleurs ce qu'a expliqué le nouveau maire de Johannesburg il y a environ un mois : plus question de mettre un sou dans ces trucs pour riches blancs. Seulement voilà, c'est aussi très injuste.

C'est vrai qu'en Afrique du Sud, seul 1% des Blancs est pauvre contre les deux-tiers des Noirs. Mais c'est aussi vrai que cette population noire pauvre dépense en moyenne 20% de ses revenus pour le transport : le bus, le taxi, le train. C'est énorme. Or le vélo, lui, ne coûte rien et il permet souvent de couvrir l'essentiel des distances urbaines. Donc en résumé, la ville de Johannesburg a décidé d'en finir avec les pistes cyclables alors qu'il aurait peut être simplement fallu mieux en expliquer l'intérêt.

  • Une revue de presse Italienne, après le tremblement de terre.

Et comme souvent, il suffit d'une image pour émouvoir tout un pays. Pour le tremblement de terre d'hier, c'est le témoignage recueilli ici par le Corriere della Sera, d'[une bonne soeur très âgée qui a touché tout le pays](http:// http://video.corriere.it/terremoto-norcia-videoracconto-giornata-3-minuti/45655532-9ebf-11e6-a6dc-5f117ed55cf3?playlistId=97fa3b06-7de1-11df-a575-00144f02aabe). Elle demande aux journalistes de bien dire que toutes les nonnes du monastère Santa Maria della Pace vont bien. Elle a la voix éraillée, la coiffe de travers et marche difficilement au bras d'un secouriste. Cela a suffit pour émouvoir.

A quelque jours seulement des élections américaines : un article paru aujourd'hui dans le New York Times et qui semble assez inquiétant pour les Démocrates : les derniers sondages en Floride montrent que Donald Trump y reprend l'avantage. Et de 4 points ! Ce qui est beaucoup. Or l'histoire de l'élection présidentielle étasunienne surtout récente montre combien la Floride peut faire basculer tout un pays.

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