Retour en Grèce pour un droit de suite...

Amir, jeune Afghan n'a pas eu le droit de porter le drapeau Grec
Amir, jeune Afghan n'a pas eu le droit de porter le drapeau Grec © AFP / Wassilios Aswestopoulos / NurPhoto

L’histoire sera grecque à nouveau et sera une sorte de droit de réponse. Hier, je vous parlais d’Amir, ce petit Afghan tout fier de porter le drapeau du « oxi » le 28 octobre. 

Aujourd’hui la polémique est qu’il ne l’a pas porté finalement : ses profs lui ont donné une pancarte avec le nom de sa classe écrit dessus plutôt que le drapeau grec. 

On va donc en parler et raconter plus précisément l’histoire d’Amir, 11 ans et de sa famille réfugiée à Athènes. Pour ceux qui n'ont pas suivi mon histoire d'hier, petit récapitulatif. 

Ce weekend en Grèce, c'était le jour du « non », qui commémore le 28 octobre 1940, le jour où le 1er ministre grec Ioannis Metaxas a dit « oxi », non, à l'ultimatum fasciste de Mussolini. 

Dans toutes les villes et villages de Grèce, on organise une parade conduite, traditionnellement, par le meilleur élève de la classe qui défile fièrement avec le drapeau grec. Cette année les règles ont changé : l'enfant est désormais tiré au sort.  

Je vous racontais que dans un quartier de la banlieue d'Athènes, Dafni, c'est un petit Afghan de 11 ans, Amir qui a été tiré au sort. La presse s'en est fait l'écho parce que son histoire est émouvante : Il est arrivé en Grèce avec sa famille il y a un et demi.  

Que s'est-il passé entre hier et aujourd'hui ? 

Il s'est passé que mon ami Alexia Kefalas, correspondante du Figaro, qui écoutait ma chronique depuis Athènes, m'a appelé pour me raconter la fin de cette histoire. En fait, Amir n'a jamais pu porter le drapeau national grec. 

En lieu et place, on lui a donné un panneau avec le nom de sa classe écrit dessus et c'est un autre élève, bien grec, qui a porté le drapeau. 

Depuis hier donc, l'affaire fait scandale dans toute la Grèce. D'autant que la décision a été prise par l'école elle-même en expliquant qu'Amir, le petit musulman, aurait dû à la fin du défilé entrer dans une église pour faire bénir le drapeau. 

Le problème, c'est que les parents d'Amir étaient tout à fait d'accord, et même très fiers que leur enfant porte le drapeau grec et entre dans l'Eglise. D'autant qu'ils sont originaire d'Herat, une ville d'Afghanistan célèbre pour sa citadelle construite par Alexandre le Grand. 

Mais voilà, cette école d'Athènes n'a pas été sensible à cette belle correspondance historique à 2 300 ans de distance et a préféré peiner un petit garçon de 11 ans dont le seul rêve est de parler grec et de réussir. Une enquête a été ouverte contre l'école.

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