C'est une première et une bonne idée : taxer les boissons sucrées et alcoolisées pour financer des traitements contre le Sida. L'Ouganda a même créé un "véhicule" financier pour affecter définitivement le produit de cette taxe.

On part en Ouganda, ce matin, pour une initiative bienvenue. Mieux encore, une initiative de santé publique ! Quel est le problème ? L'Ouganda doit faire face à trois défis : le Sida, l'obésité et l'alcoolisme. Trois fléaux qui affectent les adultes – hommes comme femme - et donc l'espérance de vie de toute la population.

Le plus grave étant, bien entendu, le Sida qui affecte 13% des Ougandais et dont le traitement, malgré les dons d'ONU Sida ou des ONG et l'existence de génériques, pèse lourdement sur le budget de la santé pour un pays parmi les plus pauvres du continent.

C'est simple en Ouganda, 68% des fonds pour acheter des traitements HIV proviennent des dons étrangers, 20% sont appartés par les familles elles-mêmes et l'Etat lui ne participe au financement qu'à hauteur de 11%. L'idée est donc d'augmenter cette part.

Trois millions à l'année pour cette taxe

Le lien, c'est tout bêtement une nouvelle taxe, facile à lever, parce qu'indirecte, et entièrement affectée à l'achat de traitement contre le Sida. Une taxe sur les boissons sucrées, qui sont pour beaucoup dans l'épidémie d'obésité, et alcoolisées.

Cette décision, toute simple, est pourtant une première sur le continent et elle s'applique à compter de cette semaine. Elle devrait rapporter en année pleine près de 3 millions d'euros. Assez pour augmenter la part étatique dans l'achat de trithérapies.

Et donc proposer à des centaines, voire des milliers d'Ougandais un vrai traitement gratuit. Et pour être bien sûr que le produit de cette nouvelle taxe ne finira pas dans le budget général ou capté par la corruption : un véhicule financier spécial à été créé.

Une goute d'eau mais aussi un élément de stabilité

Non, pour un pays comme l'Ouganda, il faut 600 millions d'euros annuels pour couvrir l'ensemble des soins liés au VIH. Donc avec son maigre 2% et son produit d'à peine 3 millions d'euros annuels, c'est une goute d'eau.

Mais d'une part, une taxe peut augmentée et d'autre part, l'Ouganda n'a pas besoin d'une telle somme, mais simplement de porter sa participation de 11% à environ 25%, à terme, pour améliorer la vie de beaucoup de séropositifs et leurs familles.

Des familles qui ne sont pas, en plus, à l'abri de pénuries de médicaments. En mai dernier, il manquait de la septine dans les pharmacies d'Etat depuis plus de 5 mois. La septine est un antibiotique indispensable pour soigner les infections liées au Sida.

Donald Trump et ses coupes budgétaires

Effectivement et pour une raison qui permet de mesurer très concrètement les conséquences des politiques de Donald Trump. Le financement de l'achat de septine dépend en partie de l'ONU mais aussi du fond d'urgence présidentiel pour le Sida.

Un fond qui a été drastiquement réduit depuis un an par Donald Trump pour financer ses baisses d'impôts aux classe moyennes américaines. D'où l'intérêt de cette nouvelle taxe : elle va sécuriser ce type d'achat en re-nationalisant les fonds dédiés à la maladie.

En résumé, cette taxe a été mise en place en partie parce que Donald Trump a réduit le fond d'urgence sida géré par la Maison-Blanche pour l'Afrique. Et c'est une bonne nouvelle puisqu'elle sécurisera l'approvisionnement et permettra en partie la gratuit

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