Couvertures des livres - Sibir, Tangente, Transsiberien et Le monde sans vous
Couvertures des livres - Sibir, Tangente, Transsiberien et Le monde sans vous © radio-france

Les liaisons heureuses plongées au cœur d’une expérience littéraire. Un même voyage en train, en transibérien de Moscou à Vladivostock en Sibérie, 9288 kilomètres parcourus en trois semaines. Un même train, un même voyage, de mêmes gares, vécus et racontés par quatre écrivains différents, cela donne quatre voyages, quatre récits, quatre livres dont parfois on peut se demander si ils ont été fait dans le même train. En mai 2010, dans le cadre de l’année France Russie, un petit groupe d’écrivains a donc pris le transibérien, et aujourd’hui en février 2011, quatre livres donc. Danielle Sallenave de l’académie française publie chez Galllimard «Sibir » ; sibir c’est sibérie en russe. Un voyage dans le temps soviétique. Maylis de Kerangal a écrit « Tangente vers l’est », un huit clos dans un wagon entre une française et un jeune appelé russe.Sylvie Germain dans « Variations sibériennes » évoque des personnes disparues, sa mère et le poète Ossip Mandelstam, exilé en Sibérie. Un texte que l’on peut lire dans son livre « Un monde sans vous » chez Albin Michel. Et enfin Dominique Fernandez de l’académie française dans son «Transsibérien » édité chez Grasset nous emmène au rythme d’un beau et personnel voyage dans ses lectures.

Les livres cités pendant l’émission :

Pendant ce voyage à bord du Transsibérien, nos quatre écrivains invités ont, à mesure de leur avancée vers la Sibérie et leur plongée dans l’immensité du territoire russe, lu, relu, découvert, retrouvé l’âme d’auteurs de la littérature russe ancienne ou contemporaine.

Mais le premier livre avec qui nos quatre auteurs sont partis, c’est Michel Strogoff de Jules Verne . « Un livre fondamental » pour Dominique Fernandez , et pour nos écrivains voyageurs, qui, comme ils le disent, s’attendaient à le rencontrer au bout de leur voyage, « qui sait ? ». Maylis de Kerangal l’a même « vu » à Irkoutsk, sur les berges du fleuve…

Car un voyage en Russie, et en train qui plus est, réveille l’imagination et permet de convoquer en pensée les lignes des auteurs ayant vécu ou rendu compte de cette même expérience. Danielle Sallenave pense au voyage de Tchekhov , allant vers Sakhaline dans « L’île de Sakhaline », et à celui de Dostoïevski vers la bagne d’Omsk, dans Souvenirs de la maison des morts .

Autre grand écrivain russe dont ils ont pu visiter la maison à Nijni Novgorod, ville à laquelle on donna son nom dans la Russie soviétique de 1932 à 1991, MaximeGorki : un immense poète pour Dominique Fernandez , qui avait insisté pour pouvoir visiter sa maison (bien que cela n’était pas inscrit au programme du voyage) et regrette le rejet actuel de la jeune génération à son encontre (alors que la majeure partie de son œuvre date d’avant la révolution bolchévique). Danielle Sallenave le mentionne dans son livre Sibir , et rappelle son enfance maltraitée, dont le seul soleilde sa vie était sa grand-mère : Dominique Fernandez nous lit ce passage.

Danielle Sallenave cite parmi les livres de Sylvie Germain qu’elle préfère, La pleurante des rues de Prague.

Au tour de Maylis de Kerangal de parler du livre de Sylvie Germain , Le monde sans vous, pour évoquer un passage concernant le poète russe Ossip Mandelstam . Elle lit un extrait sur le lac Baïkal. Ce poète russe mort d’épuisement en déportation vers Vladivostok en décembre 1938, condamné pour activité contre-révolutionnaire est, pour nos quatre auteurs, un des plus grands poète du XXème siècle. Ils nous citent aussi les écrits de sa femme Nadejda Mandelstam « un témoignage exceptionnel sur cette époque ». Dans son livre, Sylvie Germain cite des bribes de ses poèmes dont elle nous lit quelques extraits. Puis elle nous lit un texte de Paul Ceylan sur Ossip Mandelstam , « L’amandier était en fleur… » qu'il admirait et qui l'inspira beaucoup.

Danielle Sallenave est venue dans l’émission avec un livre de l’auteur russe NiKolaï LeskovLe vagabond enchanté , une figure libre du peuple lié à la profondeur du paysage, dont elle nous lit en extrait où le narrateur fait ressurgir un passé qui existe toujours d’une certaine façon pour elle dans ce qu’elle a pu observer lors de ce voyage. Un texte transposé en opéra par Rodion Chtchedrine , car « en Russie, tout se traduit en musique » nous fait remarquer Dominique Fernandez .

Et pour finir, bien-sûr, en chœur « il faut lire Anna Karenine de Tolstoï ! ».

La chronique de Raphaëlle Rerolle du journal Le Monde :

Aujourd’hui deux livres, celui de Léonard Vincent Les Erythréens , publié chez Rivage et celui de l'écrivain reporter Barbara Demick Vies ordinaires en Corée du Nord paru l’année dernière chez Albin Michel.

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