Comment devient-on lecteur puis écrivain, grâce à qui et grâce à quels livres ? Ce sont Les liaisons heureuses . Une rencontre entre deux écrivains qui se lisent et qui s’aiment.

Aujourd’hui, le choix était facile car Gilles Leroy , prix Goncourt 2007 pour Alabama Song dédie son dernier roman, la dernière histoire d’amour d’un écrivain Dormir avec ceux qu’on aime édité au Mercure de France à Anne Wiazemsky.

Anne Wiazemsky qui vient de publier un récit lumineux dans laquelle elle raconte sa première histoire d’amour. Elle a dix neuf ans quand elle rencontre et tombe amoureuse du réalisateur Jean Luc Godard qui tombe amoureux d’elle. Une année studieuse sort chez Gallimard.

Une année studieuse - Dormir avec ceux qu'on aime
Une année studieuse - Dormir avec ceux qu'on aime © radio-france

Les conseil des lectures et livres cités pendant l'émission :

Gille Leroy est un lecteur d’Anne Wiazemski. C’est d’ailleurs à elle qu’est dédicacé son nouveau livre Dormir avec ceux qu’on aime . Il nous parle d’abord deJeune fille , où Anne Wiazemski raconte sa rencontre avec Robert Bresson qui la fait tourner dans Au hasard Balthazar l’année de ses 17 ans et dont Une année studieuse serait une sorte de suite.

Anne Wiazemski a aussi beaucoup lu les livres de GillesLeroy . Elle cite Machine à sous , où il parle de son père. Mais pour elle son chef d’œuvre c’est Grandir , où il parle de la dureté de sa famille. D’ailleurs, si ce titre n’avait pas été pris par lui, elle l’aurait choisi pour son dernier livre.

Quand elle rencontre Jean-Luc Godard, Anne Wiazemski aime déjà beaucoup lire. En pygmalion il lui fait découvrir de très beaux textes qu’elle aime toujours et offre souvent : Calligrammes de GuillaumeAppolinaire , Tess d’Urberville de ThomasHardy , Le journal de la Belle et la Bête de JeanCocteau. Il lui fait aussi découvrir beaucoup de films, mais aussi la musique, les 32 sonates de Beethoven…

Ils parlent des livres et elle lui conseille la lecture de ceux qu’elle aime (avec moins de succès nous dit-elle…). Arsène Lupin de Maurice Leblanc qu’elle idolâtre, L’aiguille creuse , ou encore 813 dont le personnage de Dolores Kesselbach criminelle dont Arsène Lupin est amoureux, l’émerveille, (elle trouve une ressemblance physique avec sa grand-mère).

S’offrir des livres est très courant à cette époque et dans ce milieu où les goûts et les idées circulaient plus facilement. Lors de sa première rencontre avec François Truffaut , il lui offre deux livres : Les deux anglaises et le continent de Pierre-Henri Roché et Les enfants de la justice de Michel Cournot.

Gille Leroy , petit garçon puis jeune homme aussi aimait beaucoup la lecture. Il a commencé avec les œuvres compètes de Racine et de Molière , qui se trouvaient dans la bibliothèque familiale, puis tous les ans, le Prix Goncourt qu’on lui offrait toujours à Noël car on savait qu’il aimait lire…..

Il nous lit un extrait d’un Cahier du cinéma consacré à Marguerite Duras , datant de juin 1980, où elle parle de l’écriture. Il aime lire les textes des écrivains qui parlent de leur travail : le livre de Julien GracqEn lisant en écrivant , Ecrire de MargueriteDuras et La foi d’un écrivain de Joyce Carol Oates .

Sur le travail de l’écrivain, Anne Wiazemski pense à la phrase d’un écrivain, Paul Eluard ou Georges Bataille , elle ne se souvient plus exactement qui dit en substance « comment s’intéresser à un livre auquel l’auteur n’a pas été contraint ? ».

Quant à elle, deux livres l’ont beaucoup aidée dans l’écriture d’ « Une année studieuse » : Ce qu’aimer veut dire de Mathieu Lindon , un livre qu’elle a beaucoup aimé, et dont il ressort une énergie propre à la jeunesse qu’elle se devait de retranscrire elle aussi dans son récit.

Et si elle a osé l’écriture de la dernière scène de son livre qui est une pirouette, c’est grâce à Just kids de Patti Smith .

La chronique de Raphaelle Rerolle, journaliste au journalLe Monde :

L'amour au cinéma d'Eveline Mailhot paru aux éditions des Allusifs

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